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02/01/2013 07:47 EST | Actualisé 04/03/2013 05:12 EST

Israël: l'érosion de la liste Likoud-Israël Beiteinou fragilise Netanyahu

L'érosion régulière de la cote de la liste de droite Likoud-Israël Beiteinou affaiblit la position du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, malgré son statut de grand favori, pour former une coalition stable après les élections du 22 janvier, selon des analystes.

L'alliance entre le Likoud de "Bibi" Netanyahu et le parti ultranationaliste Israël Beiteinou de l'ex-chef de la diplomatie Avigdor Lieberman n'est plus créditée que de 33 à 34 députés (sur un total de 120) dans les derniers sondages.

La liste commune a reculé dans les intentions de vote par rapport au mois d'octobre, lors de sa formation surprise, quand elle était créditée d'au moins 43 élus.

En s'alliant, les chefs de file des deux partis espéraient créer une dynamique et obtenir davantage de députés que le nombre dont ils disposent aujourd'hui ensemble (28 pour le Likoud et 15 pour Israël Beiteinou, soit 43).

Ils comptaient ainsi s'assurer d'une coalition gouvernementale puissante dans un système proportionnel en proie à une instabilité chronique.

Mais les derniers sondages, très inférieurs à leurs calculs, conduisent à s'interroger sur la pertinence de cette alliance.

Le consultant américain Arthur Finkelstein, instigateur du rapprochement entre le Likoud et Israël Beiteinou, et conseiller politique attitré de M. Netanyahu, est mis en cause.

"Arthur Finkelstein a tablé sur 45 mandats pour la liste commune. Mais sauf surprise lors des élections, suivre son conseil aura été un pari perdant", prédit le quotidien Maariv (centre droit).

La recommandation de M. Finkelstein d'attaquer l'étoile montante de la droite nationaliste, Naftali Bennett, leader du Foyer juif, n'a pas non plus été judicieuse, soulignent les analystes.

Ces attaques se sont en effet retournées contre M. Netanyahu qui a perdu des voix au profit de son ancien chef de cabinet, dont la formation pourrait devenir la deuxième du Parlement si elle continue sa progression.

Autre sujet de préoccupation pour M. Netanyahu, la campagne du Likoud est mal organisée, selon les médias, et le Premier ministre a dû récemment réprimander son équipe de campagne à la suite de plusieurs ratés.

Malgré la baisse de la liste Likoud-Israël Beiteinou, le bloc de droite, qui englobe aussi des partis nationalistes et religieux, conserve sa position de force avec des projections stables d'environ 67 élus.

"Bibi" est donc toujours le mieux placé pour former le prochain gouvernement mais l'affaiblissement de sa liste pourrait le contraindre à faire les concessions qu'il espérait justement éviter en s'alliant avec le nationaliste Lieberman.

"Si les sondages actuels sont un reflet exact du scrutin du 22 janvier, Netanyahu sera confronté à des chantages politiques lors des négociations en vue de la formation d'une coalition", anticipe Yossi Verter, analyste politique du quotidien Haaretz (gauche).

Il pourrait bien devoir s'allier avec les partis du centre --les Travaillistes de Shelly Yachimovich, ou le mouvement de l'ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, ou encore la nouvelle formation de l'ancien journaliste Yaïr Lapid-- estiment les commentateurs.

"Les partis de centre et de gauche n'ont pas réussi à s'unir avant les élections mais personne ne sait ce qui se passera après le scrutin", a avancé un autre analyste du Haaretz, Barak Ravid, interviewé mercredi à la radio militaire.

Et d'ajouter: "S'ils forment un bloc parlementaire commun, Netanyahu devra négocier avec eux".

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