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02/01/2013 12:30 EST | Actualisé 04/03/2013 05:12 EST

Deux Casques bleus jordaniens libérés après 4 mois de captivité au Darfour

Deux Casques bleus jordaniens de la force de paix ONU-Union africaine ont été libérés mercredi après plus de quatre mois de captivité au Darfour, une région en proie à la violence dans l'ouest du Soudan.

Hassan Mazawdeh et Qassem Sarhan sont apparus devant la presse à Khartoum aux côtés de responsables de l'ambassade de Jordanie et de la Minuad, la force conjointe ONU-Union africaine de maintien de la paix au Darfour, semblaient fatigués mais en bonne santé. Ils n'ont pas fait de déclarations.

"Il s'agit de la plus longue prise d'otages" concernant des membres de la Minuad, la plus grande opération de maintien de la paix au monde lancée il y a cinq ans, a déclaré à l'AFP la porte-parole de la Minuad, Aïcha Elbasri, en référence aux 136 jours de détention des deux caporaux de police.

Selon elle, les deux hommes ont été libérés à Zalingei, chef-lieu de la province du Darfour-Centre. "Nous sommes en contact avec le gouvernement soudanais et l'ONU pour assurer un retour sûr (en Jordanie) des deux caporaux dès que possible".

Mme Elbasri a adressé ses remerciements à Khartoum et à l'ONU, mais n'a donné aucune indication sur l'identité des ravisseurs ou leurs motivations.

Selon le chargé d'affaires jordanien Riyad al-Nigad, une équipe de négociateurs soudanais a "facilité leur libération", en coordination avec une équipe de l'ONU et des membres des services de sécurité jordaniens.

Un responsable de la Minuad, Mohammed Yonis, a appelé "le gouvernement soudanais à déférer les responsables devant la justice".

Les deux soldats avaient disparu le 20 août à Kebkabiya, à 140 km à l'ouest d'El-Facher, chef-lieu de la province du Darfour-Nord.

Les Casques bleus ont été déployés en 2007 au Darfour pour tenter de faire cesser les hostilités entre les rebelles et le gouvernement soudanais. La Minuad compte quelque 23.500 hommes.

Le banditisme, les violences tribales et les combats entre rebelles et armée soudanaise y sont quotidiens, même s'ils sont d'un degré moindre qu'en 2003 et 2004, au moment du soulèvement de groupes non-arabes contre le régime de Khartoum.

Le Darfour a connu ces dernières années une vague d'enlèvements dont les auteurs cherchent généralement à obtenir une rançon.

Fin mai 2012, un Britannique travaillant pour le Programme alimentaire mondial a été libéré après trois mois de captivité au Darfour-Sud. Début février, cinq Turcs enlevés par des rebelles avaient été relâchés après plusieurs mois de détention.

Selon un expert, dans ce genre de rapts l'identité des ravisseurs est rapidement connue mais les négociations prennent du temps et les chances de les arrêter et les juger sont faibles.

Au moins 300.000 personnes ont été tuées et 1,8 million déplacées au Darfour depuis 2003, selon une estimation de l'ONU. Khartoum évoque de son côté le chiffre de 10.000 morts.

Quarante-trois membres de la Minuad ont été tués au Darfour en près de cinq ans.

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