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01/01/2013 09:16 EST | Actualisé 03/03/2013 05:12 EST

USA: accord sur une hausse d'impôts pour les plus riches, vote à la Chambre

Les Etats-Unis étaient en passe mardi d'éviter la cure d'austérité forcée du "mur budgétaire" grâce à un compromis sur les impôts adopté dans la nuit de la Saint-Sylvestre qui permet à Barack Obama de marquer des points mais doit encore être accepté par la Chambre.

Le texte prévoit une hausse des impôts pour les plus riches (foyers aux revenus supérieurs à 450.000 dollars par an) mais laisse en suspend de très nombreuses questions sensibles, en repoussant en particulier de deux mois toute coupe claire dans les dépenses publiques.

"Ni les démocrates, ni les républicains n'ont eu tout ce qu'ils voulaient, mais cet accord est une bonne chose pour notre pays, et la Chambre devrait l'adopter sans délai", a indiqué M. Obama dans un communiqué diffusé en pleine nuit. "Il y a du travail à faire pour réduire nos déficits et je suis prêt à le faire", a-t-il ajouté.

La Chambre des représentants devait se réunir mardi en milieu de journée. Le chef républicain de la Chambre, John Boehner, a indiqué que le texte serait examiné tout en restant évasif sur le calendrier.

Après des semaines de déclarations tonitruantes et de négociations en coulisses, le Sénat a adopté, peu après 02H00 du matin (07H00 GMT) mardi, un compromis trouvé entre le vice-président Joe Biden et le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell.

Si la Chambre donne à son tour son feu vert au texte, les Etats-Unis éviteront les conséquences du "mur budgétaire". Il s'agit d'un cocktail de hausses d'impôts dues à l'expiration des cadeaux fiscaux hérités de la présidence de George W. Bush et de coupes drastiques dans les dépenses, fruit d'un marchandage datant de 2011 au Congrès.

La collision avec le "mur budgétaire" a eu techniquement lieu lors de l'entrée dans l'année 2013 sur la côte Est des Etats-Unis (05H00 GMT mardi), mais ses effets seront limités dans l'immédiat, puisque mardi est un jour férié.

L'augmentation des impôts pour les ménages les plus aisés, considérée comme une ligne infranchissable par de nombreux républicains, est incontestablement une victoire pour Obama. A plusieurs reprises ces derniers jours, il en avait fait un "point dur" de la négociation, montrant du doigt les républicains dont "la seule priorité est de faire en sorte que les allègements fiscaux des Américains les plus riches soient protégés".

Mais le président a dû transiger et certains dans le camp démocrate ne cachaient pas leur déception: il avait défendu pendant sa campagne de réélection un seuil à 250.000 dollars.

L'accord repousse aussi de deux mois les coupes budgétaires automatiques censées entrer en vigueur mercredi, pour donner une fois de plus davantage de temps aux élus d'élaborer un plan de réduction des dépenses.

Des économistes ont mis en garde contre une possible replongée de la première économie mondiale dans la récession en cas de blocage durable: si l'accord ne passe pas le Congrès, les impôts augmenteront de 2.000 dollars en moyenne par foyer et par an.

Cet affrontement en annonce un autre d'ici à quelques semaines, celui du relèvement du plafond légal de la dette, atteint officiellement lundi. La décision de repousser de deux mois les décisions sur les dépenses risque d'agglomérer ces deux dossiers distincts et donc de créer un nouveau "mur budgétaire" encore plus lourd de menaces.

Les marchés pourraient être en outre effarouchés par une impasse à Washington. Fermée mardi, la Bourse de New York ne rouvrira que mercredi matin.

Le relèvement du plafond, une prérogative du Congrès, avait déjà donné lieu en 2011 à une crise politique aiguë entre la Maison Blanche et les républicains. L'épisode avait valu aux Etats-Unis une dégradation de la note de leur dette par l'agence Standard and Poor's.

"Le mur budgétaire a été créé par Washington pour Washington", résumait mardi le Washington Post.

"L'objectif était de placer tout le monde dans une situation si grave que le président et le Congrès seraient enfin contraints de s'attaquer frontalement aux questions cruciales des dépenses et des impôts dans ce pays. Au lieu de cela, les élus ont une nouvelle fois trouvé un moyen de mettre de côté les questions les plus sensibles et, ce faisant, de créer d'autres confrontations à venir, potentiellement plus dramatiques encore", ajoutait le quotidien.

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