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01/01/2013 11:57 EST | Actualisé 03/03/2013 05:12 EST

USA: accord pour éviter le "mur budgétaire", vote de la Chambre à venir

Les Etats-Unis étaient en passe mardi d'éviter la cure d'austérité forcée du "mur budgétaire" grâce à un compromis adopté dans la nuit de la Saint-Sylvestre qui permet à Barack Obama de marquer des points mais doit encore être accepté par la Chambre des représentants.

Le texte prévoit une hausse des impôts pour les plus riches (le taux d'imposition passera de 35% à 39,6% pour les foyers aux revenus supérieurs à 450.000 dollars par an) mais laisse en suspend de nombreuses questions avec le report de deux mois de l'échéance sur des coupes claires automatiques dans les dépenses publiques, en particulier militaires.

"Ni les démocrates, ni les républicains n'ont eu tout ce qu'ils voulaient, mais cet accord est une bonne chose pour notre pays", a estimé M. Obama dans un communiqué diffusé en pleine nuit. "Il y a du travail à faire pour réduire nos déficits et je suis prêt à le faire", a-t-il ajouté, tout en martelant que les sacrifices pour réduire le taux d'endettement du pays devraient être "partagés".

Le chef républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, a indiqué que le texte serait examiné tout en restant évasif sur le calendrier. Selon les médias américains, une réunion entre les républicains de la Chambre était prévue mardi à 13H00 (18H00 GMT) et devait permettre de trancher sur un éventuel vote dans la journée.

Après des semaines de déclarations tonitruantes et de négociations en coulisses, le Sénat a adopté un texte mardi peu après 02H00 du matin (07H00 GMT) avec une écrasante majorité (89 voix contre huit). Ce compromis avait été négocié par le vice-président Joe Biden et le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell.

Si la Chambre donne à son tour son feu vert au texte, les Etats-Unis éviteront les conséquences du "mur budgétaire". Il s'agit d'un cocktail de hausses d'impôts dues à l'expiration des cadeaux fiscaux hérités de la présidence de George W. Bush et de coupes drastiques dans les dépenses, fruit d'un marchandage datant de 2011 au Congrès.

La collision avec le "mur budgétaire" a eu techniquement lieu lors de l'entrée dans l'année 2013 sur la côte Est des Etats-Unis (05H00 GMT mardi), mais ses effets seront limités dans l'immédiat, puisque mardi est un jour férié.

L'augmentation des impôts pour les ménages les plus aisés est incontestablement une victoire pour Obama qui en avait fait un "point dur" de la négociation.

"Souvenez-vous qu'il y a seulement un mois les républicains au Congrès disaient qu'ils ne donneraient jamais leur accord sur une hausse des impôts pour les Américains les plus riches", a-t-il lancé, tout sourire, lundi après-midi lors d'une conférence de presse avant la finalisation complète de l'accord.

Dans un communiqué diffusé mardi, la Maison Blanche a vanté une solution "qui maintient l'impôt sur le revenu à un niveau modeste pour la classe moyenne" et qui signifie que "les millionnaires et les milliardaires paieront leur juste part pour réduire le déficit".

Mais le président a dû transiger et certains dans le camp démocrate ne cachaient pas leur déception: il avait défendu avec force pendant sa campagne de réélection un seuil à 250.000 dollars.

L'accord repousse aussi de deux mois les coupes budgétaires automatiques censées entrer en vigueur mercredi, pour donner une fois de plus davantage de temps aux élus d'élaborer un plan de réduction des dépenses.

Cet affrontement en annonce un autre d'ici quelques semaines, celui du relèvement du plafond légal de la dette, atteint officiellement lundi. La décision de repousser de deux mois les décisions sur les dépenses risque d'agglomérer ces deux dossiers distincts et donc de créer un nouveau "mur budgétaire" encore plus lourd de menaces.

Les marchés pourraient être en outre effarouchés par une impasse à Washington. Fermée mardi, la Bourse de New York ne rouvrira que mercredi matin.

Le relèvement du plafond, une prérogative du Congrès, avait déjà donné lieu en 2011 à une crise politique aiguë entre la Maison Blanche et les républicains. L'épisode avait valu aux Etats-Unis une dégradation de la note de leur dette par l'agence Standard and Poor's.

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