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01/01/2013 12:09 EST | Actualisé 03/03/2013 05:12 EST

Irak: Maliki libère plus de 700 détenues, menace les manifestants

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a annoncé mardi la libération de plus de 700 femmes détenues dans l'espoir de calmer la mobilisation dans les zones sunnites du pays, tout en menaçant de faire appel aux forces de l'ordre pour mettre fin aux manifestations.

Moqtada al-Sadr, le puissant chef chiite dont le mouvement compte 40 députés et cinq ministres, a apporté son soutien aux manifestants en prédisant l'avènement d'un "Printemps irakien, si les choses restent en l'état", en référence au Printemps arabe qui a secoué la région.

Des manifestants bloquent depuis désormais 10 jours l'autoroute qui mène à la Syrie et à la Jordanie.

Répondant à l'une des principales revendications des manifestants, M. Maliki, un chiite, a ordonné la libération de plus de 700 femmes, soit toutes les détenues du pays à l'exception des 210 poursuivies ou condamnées pour des faits liés au terrorisme, selon Khaled al-Mullah, négociateur nommé par le Premier ministre.

Le calendrier de ces libérations n'a cependant pas été précisé.

Lundi soir, M. Maliki a menacé à la télévision les manifestants.

"Je vous mets en garde contre une poursuite de votre mouvement, parce qu'il est contraire à la Constitution irakienne. Nous avons été très patients avec vous, mais ne vous attendez pas à ce qu'on laisse traîner les choses", a lancé le Premier ministre.

Les manifestations, essentiellement dans des zones à majorité sunnites de l'ouest et du nord du pays, font suite à l'arrestation pour "terrorisme" le 20 décembre d'au moins neuf gardes du ministre des Finances Rifaa al-Issawi, un sunnite souvent critiqué en public par ses collègues chiites du gouvernement.

Les manifestants accusent les autorités, dominées par les chiites, d'abuser de la législation antiterroriste contre la minorité sunnite.

"Les manifestations vont se poursuivre tant que les gens ne seront pas satisfaits des politiques menées", a déclaré pour sa part M. Sadr lors d'une conférence de presse à son domicile à Najaf (centre).

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