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31/12/2012 05:49 EST | Actualisé 02/03/2013 05:12 EST

Viol collectif en Inde: le décès de la victime suscite un vif débat

NEW DELHI - Tandis que plusieurs événements visant à célébrer le Nouvel An étaient annulés en Inde afin de souligner la mémoire de la jeune femme victime d'un viol collectif, militants et politiciens demandaient l'adoption de mesures plus sévères face au viol, ainsi qu'une transformation du traitement réservé aux femmes dans le pays.

Les tensions étaient toujours vives dans le pays, lundi, deux jours après le décès de l'étudiante de 23 ans. Le viol collectif dont a été victime la jeune femme suscite un vif débat sur les mesures que doit prendre l'Inde afin d'empêcher la répétition d'une telle tragédie.

«Pour changer un pays aussi conservateur, traditionnel et patriarcal que le nôtre, il y aura du chemin à faire», estime Ranjana Kumari, directrice du Centre de recherches sociales à New Delhi.

«Cela prendra un certain temps, mais on a certainement fait un pas dans la bonne direction», a-t-elle ajouté.

Six hommes ont été arrêtés et accusés de meurtre pour cette attaque survenue le 16 décembre dans un autobus de New Delhi. S'ils sont reconnus coupables, ils pourraient être condamnés à la peine de mort.

L'armée et la marine indiennes ont annulé leurs célébrations du Nouvel An, tout comme l'a fait la présidente du parti au pouvoir, Sonia Gandhi.

Les hôtels, les bars et les associations de citoyens de la capitale indienne ont également décidé de ne pas fêter l'arrivée de 2013 et ont demandé aux gens d'allumer des lampions afin de témoigner de leur solidarité avec la victime.

«Elle est devenue la fille de la nation entière», a suggéré Sushma Swaraj, leader du parti d'opposition Baratiya Janata.

Des milliers de personnes endeuillées ont défilé devant le Parlement afin d'exiger du gouvernement qu'il agisse afin de mieux protéger les femmes. Des manifestations quotidiennes ont lieu à New Delhi depuis plusieurs jours.

«Il y a tant à faire pour mettre fin à l'oppression dont les femmes sont victimes», a plaidé Murarinath Kushwaha.

Certains commentateurs ont comparé la victime, dont l'identité n'a pas été dévoilée par les autorités policières, à Mohamed Bouazizi, ce jeune vendeur de rue tunisien dont l'immolation par le feu est considérée comme l'un des événements déclencheurs du Printemps arabe.

«Les choses ne peuvent plus continuer comme si de rien n'était», peut-on lire dans un éditorial publié dans l'«Hindustan Times».

Les politiciens de tout le pays ont demandé l'ouverture d'une session parlementaire exceptionnelle afin d'adopter de nouvelles lois pour punir plus sévèrement les violeurs — incluant éventuellement la castration chimique — et de mettre en place des tribunaux particuliers qui traitent les cas de viol en l'espace de 90 jours.

Le gouvernement indien a inauguré lundi une nouvelle ligne d'urgence pour les femmes — le 181 —, mais en raison de difficultés techniques, elle n'était pas encore fonctionnelle.