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31/12/2012 02:42 EST | Actualisé 02/03/2013 05:12 EST

Mur budgétaire aux Etats-Unis: accord "en vue" dit Obama

Le président Barack Obama a affirmé lundi qu'un accord était "en vue" au Congrès pour éviter in extremis aux Etats-Unis une cure d'austérité forcée, mais qu'aucun compromis n'avait encore été formellement conclu, à quelques heures de l'échéance du "mur budgétaire".

Un accord "est en vue, mais il n'est pas encore fait. Il y a encore des problèmes à résoudre, mais nous avons espoir que le Congrès puisse y parvenir", a expliqué le dirigeant démocrate lors d'une intervention à la Maison Blanche, alors que les négociations se poursuivaient entre démocrates et républicains.

M. Obama n'a pas donné de détails chiffrés sur cet accord "potentiel" mais indiqué qu'il empêcherait des hausses d'impôts pour la classe moyenne, censées entrer en vigueur lundi à minuit (mardi 05H00 GMT) avec l'expiration de cadeaux fiscaux hérités de la présidence de George W. Bush.

Selon M. Obama, cet accord se traduirait aussi par une extension de l'assurance-chômage "pour deux millions d'Américains".

Des médias américains ont rapporté que les deux camps s'étaient mis d'accord sur une expiration des allègements fiscaux pour les contribuables aux revenus annuels supérieurs à 400.000 dollars (450.000 dollars par foyer). La taxation des revenus du capital augmenterait de cinq points de pourcentage, passant à 20%.

"Je dois dire que depuis que j'ai pris mes fonctions, pendant toute la campagne (présidentielle) et ces deux derniers mois, j'aurais préféré traiter tous ces problèmes dans le cadre d'un accord plus large, qui résoudrait nos problèmes de déficit de façon équilibrée et responsable", a regretté le président.

"Mais avec ce Congrès, c'était sans doute trop espérer à l'heure actuelle", a-t-il poursuivi, alors que ses adversaires républicains contrôlent une partie du pouvoir législatif. "Il est possible que nous puissions le faire par étapes", a-t-il espéré.

Le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, négocie avec le vice-président Joe Biden. Un accord, s'il est annoncé, devra encore être entériné dans les mêmes termes par les deux chambres du Congrès, dont la Chambre qui est contrôlée par les républicains, avant d'être promulgué par le président.

Le Sénat comme la Chambre siégeaient lundi, pour la première fois un jour de la Saint-Sylvestre en plus de 40 ans.

Si les discussions n'aboutissent pas, se produira, à la première heure du 1er janvier, une hausse des impôts automatique pour la quasi totalité des contribuables, tandis que des coupes claires dans les dépenses de l'Etat fédéral sont prévues 24 heures plus tard.

Des économistes ont mis en garde dans ce cas contre une possible replongée de la première économie mondiale dans la récession. Les effets de fond de ce choc devraient toutefois prendre du temps à se faire ressentir, et seraient pour la plupart réversibles si les élus agissent rapidement ensuite.

Mais d'un point de vue psychologique, un "mur budgétaire" pourrait provoquer un décrochage des marchés, d'autant plus que d'autres échéances difficiles pointent à l'horizon, comme le nécessaire relèvement du plafond légal de la dette par le Congrès au premier trimestre.

Pour sa dernière séance de l'année, Wall Street a une nouvelle fois lundi fait preuve de nervosité en raison de la situation à Washington.

Le paradoxe est qu'aucun camp n'a vraiment intérêt d'un point de vue électoral à la réussite des négociations dans cette énième crise depuis que les républicains ont pris le contrôle de la Chambre il y a deux ans.

En cas d'échec, M. Obama obtiendrait la hausse des contributions pour les plus riches qu'il recherche. Et les républicains n'auraient plus qu'à voter à partir de mardi de nouveaux allègements pour la classe moyenne, sans trahir leur engagement, maintes fois réitéré, de ne pas augmenter les impôts.

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