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31/12/2012 08:48 EST | Actualisé 02/03/2013 05:12 EST

Les rebelles centrafricains rejettent l'offre de dialogue du gouvernement

BANGUI, République centrafricaine - Les rebelles qui contrôlent au moins dix villes de la République centrafricaine et qui poursuivent leur route vers la capitale ont rejeté, lundi, l'appel aux négociations lancé par le gouvernement et l'Union africaine (UA).

Le président béninois Thomas Boni Yayi, président en exercice de l'UA en visite dimanche en République centrafricaine, a appelé les rebelles de la coalition Séléka à entreprendre des négociations pour former un gouvernement d'union nationale. Le président centrafricain, François Bozizé, a demandé aux rebelles de cesser leur avancée vers la capitale et s'est dit d'accord pour les intégrer dans le gouvernement.

Mais les rebelles ont déclaré lundi qu'ils ne faisaient pas confiance à l'offre de M. Bozizé.

«Nous ne sommes pas convaincus par les commentaires faits par le président Bozizé», a déclaré un porte-parole de la rébellion, Juma Narkoyo, joint par téléphone. «Bozizé parle toujours mais ne respecte jamais sa parole.»

Les rebelles ont indiqué qu'ils s'engageraient dans des négociations «seulement si le chef de l'État libère tous nos proches arrêtés sans raison». Ils affirment que M. Bozizé a enlevé plus d'une dizaine de membres des familles des rebelles.

Les insurgés ont également prévenu que si le président avait recours à des troupes étrangères pour protéger son gouvernement, ils pourraient poursuivre leur avancée vers la capitale.

L'Union africaine a averti les rebelles que s'ils prennent le pouvoir par la force, ils seront visés par des sanctions et la République centrafricaine sera suspendue de l'organisation.

L'UA rejette toute tentative de prise du pouvoir par la force, a rappelé lundi la présidente de la commission de l'organisation, Nkosazana Dlamini-Zuma. Toute tentative de prendre le pouvoir de façon inconstitutionnelle se soldera par des sanctions contre les responsables et un isolement international, a-t-elle dit au siège de l'UA à Addis Abeba.

Mme Dlamini-Zuma a appelé les rebelles à cesser immédiatement leur offensive militaire et à s'engager dans un dialogue afin de trouver une solution durable à l'instabilité récurrente en République centrafricaine.

Les rebelles ont rapidement progressé dans le nord du pays depuis trois semaines et les résidants de la capitale, Bangui, craignent leur arrivée dans la ville à tout moment. Leurs déclarations de lundi contredisent leurs précédentes assurances selon lesquelles ils n'avaient pas l'intention d'entrer dans la capitale et restaient ouverts au dialogue.

Samedi, les rebelles se sont emparés de la ville de Sibut, à 185 kilomètres de Bangui. La ville est tombé sans effusion de sang parce que les forces de la République centrafricaine et du Tchad voisin se sont repliées vendredi à Damara, à 75 kilomètres de Bangui.

Les pays voisins de la Centrafrique ont accepté d'envoyer des troupes pour soutenir le gouvernement Bozizé. Des représentants des dix pays de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale se sont mis d'accord vendredi pour déployer des renforts, mais n'ont pas précisé combien de soldats seraient envoyés, ni quand.

La République du Congo a pour sa part envoyé 120 soldats de Brazzaville lundi pour renforcer la force régionale, selon une déclaration du président Denis Sassou Nguesso.

L'instabilité a poussé le gouvernement américain à évacuer une quarantaine de membres de son personnel diplomatique, dont l'ambassadeur, à bord d'un avion militaire la semaine dernière.