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31/12/2012 10:10 EST | Actualisé 02/03/2013 05:12 EST

Le Venezuela retient son souffle après la détérioration de la santé de Chavez

Le Venezuela retenait son souffle lundi, après l'annonce la veille de l'aggravation de l'état de santé du président Hugo Chavez, et des festivités de fin d'année ont été annulées tandis que les réseaux sociaux bruissent de rumeurs sur sa mort et de messages d'encouragement.

"Nous avons été informés de nouvelles complications apparues à la suite de son infection respiratoire", a déclaré dimanche depuis Cuba le vice-président et dauphin désigné, Nicolas Maduro, dans un message diffusé par toutes les chaînes vénézuéliennes.

"L'état de santé du président Chavez continue à être délicat", a ajouté M. Maduro, précisant que ces complications "devaient être soignées avec un traitement non dénué de risques". Nicolas Maduro se trouve depuis samedi matin aux côtés du président hospitalisé à La Havane.

Caracas s'est réveillée dans le calme, mais l'angoisse était palpable dans les rangs des partisans du président Chavez alors que tous les journaux titraient sur sa santé : "La santé du président fragile" (Ultimas Noticias), "Maduro : le président Chavez présente de nouvelles complications" (El Universal).

"Je ne sais pas ce qui va se passer avec Chavez, mais jamais nous n'avions passé un Noël comme ça. Il n'y a que Dieu qui sache ce qui va arriver pour lui et pour nous", a dit à l'AFP lundi au petit matin Miguel Enrique, un retraité de 70 ans interrogé dans les quartiers aisés de l'est de Caracas alors qu'il se rendait à la messe.

A l'annonce du nouveau bulletin de santé, les autorités de la capitale ont immédiatement annulé le traditionnel concert de fin d'année prévu dans le centre-ville sur la place Bolivar. Le ministre de l'Information, Ernesto Villegas, a invité "les familles de Caracas et du Venezuela en général à attendre la nouvelle année, réunies dans leurs foyers dans une prière de foi et d'espérance pour la santé" de M. Chavez.

Sur Twitter, les mots-clés #FuerzaChavez (AllezChavez), #ChavezViviráyVencerá (ChavezVivraEtVaincra) ou #YoAmoAChavez(J'AimeChavez) ont été reproduits des centaines de fois, tant par de hauts responsables vénézuéliens que par des citoyens anonymes.

"#ChavezVivraEtVaincra parce que c'est l'homme fait peuple ! fait lutte ! Il a la force pour affronter toutes les tempêtes de la vie", a assuré Neri Colmenares ?(@NeriColmenares).

Mais ses détracteurs se sont également exprimés: "Je ne veux pas que Chavez meurt. Nous serions en mauvaise posture en tant que peuple si une maladie faisait notre travail qui est de le chasser du pouvoir", a notamment écrit Enrique Vasquez ?(@Indiferencia).

Et les rumeurs sur son décès ont proliféré. "Chavez est mort, ce sera annoncé dans quelques heures ou au plus tard le 3" janvier, a affirmé Teniente Coronel (?@user0118)

Lundi dernier, le pouvoir avait évoqué "une légère amélioration" de la santé de M. Chavez après une infection respiratoire post-opératoire.

"Nous avons décidé de rester les prochaines heures à La Havane auprès du président et de sa famille, très attentifs à l'évolution de son état de santé", a expliqué dimanche le vice-président, accompagné notamment de Rosa Virginia, une des filles de M. Chavez.

Peu après les annonces de Nicolas Maduro, le ministre de l'Information a fermement démenti sur la chaîne officielle VTV les rumeurs concernant la mort du président.

"Vous pensez que sa fille (Rosa Virginia) aurait pu rester assise pendant l'allocution (de M. Maduro), sereine (...), si ça avait été le cas ?", a interrogé Ernesto Villegas.

Agé de 58 ans, au pouvoir depuis 1999, le président Chavez a subi le 11 décembre à La Havane une quatrième opération pour traiter un cancer décelé en juin 2011 et dont il s'était affirmé guéri à plusieurs reprises.

Avant ce nouveau voyage médical, il avait toutefois pris soin pour la première fois depuis le début de ses ennuis de santé de désigner un héritier politique, en la personne de son vice-président et ministre des Affaires étrangères, Nicolas Maduro, 50 ans.

Le président avait été confortablement réélu pour un mandat de six ans à la tête du pays le 7 octobre. Sa prestation de serment est censée intervenir le 10 janvier devant l'Assemblée nationale, mais gouvernement et opposition ont convenu que cette date pouvait être repoussée pour raisons médicales.

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