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31/12/2012 08:06 EST | Actualisé 02/03/2013 05:12 EST

Irak: 12 morts dans une vague d'attentats peu avant des fêtes chiites

Douze personnes, dont trois policiers, ont été tuées et plus de 40 blessées lundi dans une série d'attentats en Irak visant notamment la communauté chiite à quelques jours de l'une de ses principales fêtes religieuses, ont indiqué des sources locales.

Les violences surviennent sur fond de tensions grandissantes entre le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, accusé par ses détracteurs d'accaparer le pouvoir, et le bloc Iraqiya, une formation laïque soutenue par les sunnites, membre de la fragile coalition gouvernementale.

Les attentats, qui ont notamment frappé les provinces de Kirkouk et Diyala, au nord de Bagdad, ainsi que celle de Babylone, plus au sud, ont également visé des responsables et les forces de sécurité.

Dans l'attaque la plus meurtrière, sept personnes, dont trois femmes et deux enfants, ont péri dans l'explosion de trois maisons dans la ville de Moussayeb, au sud de Bagdad, selon un officier de police local et un médecin. Quatre autres personnes ont été blessées.

Les victimes ont été apparemment visées en raison de leur appartenance à la communauté chiite, ont indiqué ces sources.

L'attaque est survenue à quelques jours du début des célébrations de l'Arbaïn, qui marque le quarantième jour de deuil après la mort de Hussein, fils d'Ali et petit-fils de Mahomet tué en 680, une personnalité vénérée par les chiites.

Aucun groupe n'a encore revendiqué cette attaque. Mais les insurgés sunnites, comme l'Etat islamique en Irak (ISI), branche d'Al-Qaïda dans le pays, s'en prennent régulièrement aux chiites à l'occasion de leurs fêtes religieuses.

Des attaques ont également frappé la province de Diyala, où 19 personnes ont été blessées, dont dix pèlerins chiites qui se rendaient dans la ville sainte de Kerbala, plus au sud, pour les célébrations de l'Arbaïn.

En janvier dernier, plus de 50 pèlerins avaient été tués dans un attentat suicide à Bassora, à 450 km au sud de Bagdad, lors de ces cérémonies.

Les groupes armés sunnites s'en prennent aussi régulièrement à des cibles officielles et aux forces de sécurité pour déstabiliser le gouvernement, dominé par les chiites.

Dans la ville multi-ethnique de Kirkouk, dans le nord du pays, trois policiers ont été tués et quatre autres grièvement blessés lundi dans l'explosion d'une bombe alors qu'ils tentaient de désamorcer d'autres explosifs, a indiqué un officier de police et un médecin de l'hôpital de la ville.

Quatre autres attentats à la bombe à Kirkouk et dans des villes proches, dont trois visant des policiers et des soldats, ont fait quatre blessés.

A Hilla, chef-lieu de la province de Babylone, deux personnes ont été tuées dans l'explosion d'une voiture piégée devant les bureaux du conseil provincial, au moment où arrivait le gouverneur qui n'a pas été blessé. L'attentat a également fait 19 blessés, dont un garde du gouverneur, selon un policier et un médecin.

L'explosion a endommagé des magasins et des voitures aux alentours, selon ces sources.

Les violences en Irak ont nettement diminué depuis le pic des années 2006 et 2007, où les violences confessionnelles faisaient rage, mais les attentats restent très fréquents.

bur-psr/vl/sw