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30/12/2012 12:04 EST | Actualisé 01/03/2013 05:12 EST

Soudan: doublement du salaire minimum face à la flambée des prix

Le président soudanais Omar el-Béchir a ordonné dimanche le doublement du salaire minimum des fonctionnaires pour faire face à la flambée des prix qui touche depuis des mois le pays, selon l'agence de presse officielle Suna.

"Le président el-Béchir a donné des directives pour augmenter le salaire minimum à 425 livres soudanaises (61 dollars sur le marché noir) à partir du 1e janvier", a indiqué Suna. Ce nouveau salaire minimum, qui ne concerne que les fonctionnaires, représente le double du précédent.

"Où sont les ressources (nécessaires) au financement" de cette hausse, s'est interrogé Mohamed Eljack Ahmed, un économiste de l'université de Khartoum qui a jugé cette augmentation "nécessaire, mais très difficile à réaliser", le gouvernement n'ayant pas réduit ses dépenses personnelles.

Pour M. Ahmed, cette mesure reste cependant insuffisante.

Ce nouveau salaire minimum "représente un quart du salaire minimum réellement nécessaire, au vue des conditions présentes", a-t-il indiqué à l'AFP.

La mesure intervient alors que le Soudan est englué dans une crise économique exacerbée par la perte de la plupart de ses revenus pétroliers lors de la partition du pays en juillet 2011.

L'inflation a atteint 46% en novembre, alors que la livre soudanaise connaît une chute importante de sa valeur face au dollar sur le marché noir. Près de 47% des Soudanais vivaient en 2010 sous le seuil de pauvreté, selon les Nations unies.

Face aux mesures d'austérité prises par le président el-Béchir et à la hausse de 50% du prix du carburant, des manifestations ont eu lieu en juin dans le pays contre la hausse du coût de la vie, notamment de l'alimentation.

Des accords conclus en septembre entre le Soudan et le Soudan du Sud prévoyaient le paiement par le Sud d'une somme forfaitaire de quelque trois milliards de dollars au Soudan, pour compenser ses pertes de revenus depuis la partition.

Les deux parties s'étaient également mises d'accord sur le versement au Soudan de frais de redevance, pour faire transporter par les oléoducs du Nord le pétrole exporté par le Sud.

Mais en raison des nombreuses tensions subsistant entre les deux pays, ces accords n'ont pas encore été appliqués.

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