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30/12/2012 10:02 EST | Actualisé 01/03/2013 05:12 EST

"Mur budgétaire": Obama s'en prend aux républicains en pleine négociation

Barack Obama a fait monter la tension dans la crise du "mur budgétaire" en mettant en cause l'intransigeance des républicains, en pleines négociations dimanche pour éviter in extremis aux Etats-Unis la cure d'austérité brutale qui les menace dès lundi à minuit.

Dans un entretien à la télévision NBC diffusé dimanche, le président a assuré que ses adversaires politiques, qui contrôlent une partie du Congrès, n'arrivaient pas à accepter l'idée que "les impôts des Américains les plus riches devraient augmenter un petit peu".

M. Obama, qui depuis sa réélection début novembre négocie avec les républicains pour éviter l'entrée en vigueur automatique le 1er janvier de hausses d'impôts généralisées et de coupes claires dans les dépenses de l'Etat, a déploré dans cet entretien enregistré samedi que la protection des revenus des contribuables les plus aisés "semble être leur seul thème unificateur".

Les chefs de file républicains et démocrates du Sénat tentaient dimanche d'accoucher d'un compromis de dernière minute acceptable aussi bien par cette assemblée aux mains des démocrates que par la Chambre des représentants où les républicains dominent, et ce dernier camp a relevé le ton peu conciliant du dirigeant.

"Alors que le président enregistrait ces déclarations de discorde, le sénateur (Mitch) McConnell oeuvrait à rassembler les républicains et les démocrates autour d'une solution", a remarqué Don Stewart, porte-parole du chef de la minorité républicaine dans cette assemblée.

Le Sénat et la Chambre devaient tenir tous deux dimanche de rares sessions spéciales. Si leurs efforts étaient infructueux, les mesures d'austérité qui se mettraient automatiquement en oeuvre risqueraient de faire retomber à terme la première économie mondiale dans la récession, ont prévenu des économistes, tandis que les marchés ont fait preuve de nervosité ces derniers jours.

Au centre du blocage figurent les allègements fiscaux hérités de la présidence du républicain George W. Bush. M. Obama veut les laisser expirer pour les foyers aux revenus supérieurs à 250.000 dollars par an, tandis que les républicains ne veulent pas entendre parler d'une hausse des taux d'imposition et visent surtout les dépenses de l'Etat pour réduire le déficit.

Paradoxalement, aucun camp n'a vraiment intérêt à la réussite des négociations en cours, dans cette énième crise depuis que les républicains ont pris le contrôle de la Chambre il y a deux ans.

Si le "mur budgétaire" se produisait, M. Obama obtiendrait la hausse des contributions pour les plus riches qu'il recherche. Et les républicains n'auraient plus qu'à voter après le 1er janvier de nouveaux allègements pour la classe moyenne, donc sans trahir leur promesse de ne pas augmenter les impôts.

L'influent sénateur républicain Lindsey Graham a pris acte de cette situation dimanche sur Fox News. "Bravo au président. Il a tenu bon. Il va obtenir des hausses de taux d'imposition", a-t-il dit. Mais "la mauvaise nouvelle pour ce pays est que nous avons peu avancé (...) pour sortir de notre endettement", a-t-il ajouté.

Le Sénat devait se réunir dimanche à 13H00 (18H00 GMT) et la session s'ouvrir à la Chambre des représentants une heure plus tard. Aucun vote ne devait avoir lieu avant 18H30 (23H30 GMT).

Selon le Washington Post de dimanche, le chef de la majorité démocrate du Sénat Harry Reid et M. McConnell ont fixé à 15H00 (20H00 GMT) la limite pour trouver un accord.

Une fois ce délai expiré, toujours selon le quotidien, les deux hommes présenteront à leurs groupes respectifs les éventuelles avancées dans les discussions pour décider si un texte peut recueillir suffisamment de soutien pour être soumis au vote.

Dans ce cas, le Sénat voterait le texte d'ici à lundi en milieu de journée, laissant le reste de la journée à la Chambre pour évaluer et éventuellement adopter cet accord, toujours selon le Washington Post.

Vendredi, M. Obama avait prévenu que si MM. Reid et McConnell ne parvenaient pas à trouver un compromis acceptable pour tous, il demanderait à M. Reid de présenter un texte de loi pour bloquer les hausses d'impôts automatiques et de le soumettre au vote, forçant ainsi les républicains à prendre la responsabilité d'un blocage.

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