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30/12/2012 10:50 EST | Actualisé 01/03/2013 05:12 EST

La situation en Syrie va s'envenimer si rien n'est fait, avertit Lakhdar Brahimi

Le conflit en Syrie pourrait faire jusqu'à 100 000 victimes l'an prochain si une résolution n'intervient pas, a plaidé dimanche l'envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie.

De passage au Caire, Lakhdar Brahimi a déclaré aux journalistes que si la crise se poursuivait, la Syrie ne serait pas divisée en États « à l'image de ce qui est arrivé en Yougoslavie », mais que le pays ferait plutôt face à la « Somalisation ».

Cela signifierait, a précisé l'émissaire, que les seigneurs de guerre prendraient le contrôle du pays et que les Syriens finiraient par se retrouver persécutés par ceux qui guident les destinées du pays et celles de ses citoyens.

On estime que les hostilités ont fait environ 40 000 victimes depuis 21 mois en Syrie. La crise a débuté par des manifestations prodémocratie, mais s'est progressivement transformée en guerre civile entre le régime du président Bachar Al-Assad et les rebelles syriens.

Depuis qu'il a accepté son poste d'émissaire, en septembre, Lakhdar Brahimi a cherché à mettre de l'avant un plan international prévoyant d'abord un cessez-le-feu, puis la formation d'un gouvernement de transition, et ce, jusqu'à ce que des élections puissent se tenir.

Au cours des derniers jours, il a rencontré le président Al-Assad, à Damas, et discuté avec le chef de la diplomatie de l'un des principaux alliés internationaux de la Syrie, le ministre russe des Affaires étrangères.

« La situation en Syrie est grave. Très, très grave », a lancé l'envoyé spécial au terme d'une rencontre avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi.

Le bilan mensuel des victimes n'a cessé de croître au cours des derniers mois, puisque les deux parties ont recours à des armes plus puissantes et que l'armée syrienne a commencé à utiliser ses avions de guerre pour attaquer les secteurs du pays contrôlés par les rebelles.

La paix et la sécurité mondiales seront directement menacées si aucun règlement n'intervient dans les prochains mois, a exposé l'émissaire.

Lorsqu'on lui a demandé si les belligérants avaient la volonté de s'engager dans une résolution de conflit sur le plan politique, Lakhdar Brahimi s'est montré catégorique : « Non, il n'y en a pas. C'est le problème », s'est-il désolé, ajoutant que les deux parties ne se parlaient pas et qu'une aide extérieure était requise.

Associated Press