NOUVELLES
30/12/2012 08:21 EST | Actualisé 01/03/2013 05:12 EST

Jordanie: interdiction d'une liste électorale baptisée +Saddam Hussein+

Le défunt dictateur irakien Saddam Hussein a effectué un retour en politique posthume controversé en Jordanie, où une liste électorale portant son nom a été interdite par la commission électorale indépendante, a indiqué dimanche à l'AFP le chef de cette liste, Fayez Ziadne.

"Le soutien populaire a beaucoup augmenté après l'annonce du refus de la commission", a assuré M. Ziadne, chef de file de cette liste nationaliste arabe, constituée en vue des élections législatives du 23 janvier dans la province d'Al-Mafraq, dans le nord de la Jordanie.

"La liste a pris le nom de son candidat numéro 5, qui s'appelle Saddam Hussein Wared al-Hawamda", a-t-il expliqué, précisant cependant que ce nom a aussi été choisi "en souvenir de (l'ex-président irakien) Saddam Hussein".

La commission électorale indépendante a approuvé jeudi l'ensemble des listes électorales "à l'exception d'une liste (...), dont le nom a été refusé car il s'agit du nom d'un individu", selon l'agence de presse officielle Petra.

La commission a motivé sa décision estimant qu'elle ne peut accepter de liste portant "le nom d'une personne physique, ou un nom qui peut susciter des tensions confessionnelles, religieuses, ethniques, politiques, ou qui porte atteinte à l'ordre public, à l'union nationale ou à la sécurité de la patrie".

Les candidats ont cependant été autorisés à se présenter sous un autre nom de liste.

M. Ziadne, qui a assuré à l'AFP que sa liste n'appartenait "à aucun parti politique, notamment pas au parti Baas" de l'ex-homme fort de Bagdad, a indiqué avoir fait appel dimanche de la décision de la commission électorale, précisant attendre un verdict "d'ici trois jours".

Si la justice donnait raison à la commission électorale, alors "le nom de la liste serait décidé ultérieurement (...). Peut-être allons-nous participer aux élections, ou alors nous retirer", a précisé M. Ziadne.

L'ex-président irakien Saddam Hussein, condamné à mort pour un massacre de chiites en 1982, a été pendu le 30 octobre 2006, trois ans après l'invasion de son pays par les forces américaines.

Le 24 décembre, la Commission électorale jordanienne avait indiqué que plus de 1.500 personnes, dont 213 femmes, ont présenté leur candidature aux élections législatives du 23 janvier.

str-kt/tg/cnp

PLUS:afp