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30/12/2012 09:34 EST | Actualisé 01/03/2013 05:12 EST

Centrafrique: Bozizé invite les rebelles à se joindre à son gouvernement

BANGUI, République centrafricaine - Le leader de l'Union africaine, le président du Bénin Thomas Boni Yayi, a proposé la formation d'un gouvernement de coalition incluant des représentants des rebelles pour mettre fin à la crise qui secoue actuellement la République centrafricaine.

M. Boni Yayi est arrivé dimanche à Bangui pour tenter de trouver une solution pacifique au conflit. Il a rencontré le président centrafricain, François Bozizé, avant de donner une conférence de presse durant laquelle il a exhorté les insurgés à cesser les hostilités et à faire la paix avec M. Bozizé et la population du pays.

Il a affirmé que le président centrafricain avait promis d'avoir une discussions ouverte avec les rebelles afin de créer une coalition comprenant des membres de l'insurrection et de l'actuel gouvernement.

Prenant aussi la parole, François Bozizé a déclaré que, même s'il comptait rester au pouvoir jusqu'à la fin de son mandat en 2016, il n'avait rien contre l'idée de former un gouvernement de coalition avec les insurgés.

Thomas Boni Yayi est arrivé à Bangui au moment où plusieurs craignaient que la capitale centrafricaine serait le théâtre d'affrontements entre les forces de sécurité et les rebelles.

Selon de nombreuses familles de la ville, les membres de la garde présidentielle ont kidnappé des personnes soupçonnées de soutenir les insurgés, qui ont conquis 10 cités dans le nord du pays durant les trois dernières semaines.

Un porte-parole de l'insurrection, le colonel Juma Narkoyo, a prévenu M. Bozizé que les enlèvements des proches des rebelles devaient cesser. «S'il veut régler le problème, qu'il vienne nous rencontrer sur le terrain. Nous l'attendons de pied ferme», a-t-il ajouté.

M. Boni Yayi a discuté pendant deux heures avec François Bozizé dans une section privée de l'aéroport de Mpoko, qui bénéficie de la protection des troupes françaises, après son arrivée en République centrafricaine.

Jusqu'à présent, aucune rencontre entre le président de l'Union africaine et les insurgés ou l'opposition n'a été prévue.

Les efforts diplomatiques de Thomas Boni Yayi surviennent alors que la France a déployé 180 soldats de plus en sol centrafricain afin de protéger ses intérêts.

Selon le colonel Thierry Burkhard, les effectifs sont arrivés dimanche en provenance du Gabon, faisant ainsi passer à près de 600 le nombre de militaires français présents à Bangui.

Ces soldats ont pour mandat d'assurer la sécurité des Français dans la capitale en raison des craintes concernant une possible attaque de la part des insurgés.

Pour contrer cette menace, M. Bozizé a également imposé un couvre-feu en vigueur de 19 h à 5 h.

La République centrafricaine, qui compte environ 4,4 millions d'habitants, a traversé des décennies de révoltes militaires, de coups d'État et de rébellions après avoir obtenu son indépendance dans les années 1960 et demeure l'un des pays les plus pauvres au monde en dépit de ses nombreuses richesses.