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28/12/2012 09:58 EST | Actualisé 27/02/2013 05:12 EST

Washington fustige une loi russe "politique" interdisant les adoptions

Les Etats-Unis ont exprimé vendredi leurs "profonds regrets" après la promulgation par le président russe Vladimir Poutine d'une loi interdisant l'adoption d'enfants russes par des Américains, accusant Moscou d'avoir pris une décision "politique" contre Washington.

Un porte-parole du département d'Etat s'est en outre inquiété dans un communiqué du sort des dossiers déjà en cours pour des adoptions d'enfants russes par des familles américaines, rappelant que 60.000 orphelins russes avaient été accueillis aux Etats-Unis ces vingt dernières années.

"Nous regrettons profondément l'adoption par la Russie d'une loi qui met fin aux adoptions internationales entre les Etats-Unis et la Russie et qui restreint l'activité d'organisations de la société civile russe travaillant avec des partenaires américains", a fustigé un porte-parole de la diplomatie américaine, Patrick Ventrell, qui avait déjà réagi lors du vote de cette loi par le Parlement russe.

Le président Poutine a promulgué vendredi cette loi très controversée interdisant l'adoption d'enfants russes aux Etats-Unis, considérée comme l'une des mesures les plus hostiles prises par Moscou envers Washington depuis la Guerre froide. Le texte, qui entrera en vigueur le 1er janvier, avait été voté par le Parlement russe en réponse à la "liste Magnitski", une loi précédemment adoptée par le Congrès américain et promulguée par le président Barack Obama.

Celle-ci interdit de séjour aux Etats-Unis et prévoit de geler les biens des responsables russes impliqués dans la mort en prison en 2009 du juriste Sergueï Magnitski, ou dans d'autres violations des droits de l'homme.

La nouvelle loi russe prévoit également de dresser une "liste noire" des Américains indésirables en Russie, soupçonnés d'avoir violé en particulier les droits des citoyens russes.

"La décision du gouvernement russe, motivée par des considérations politiques, réduira les possibilités d'adoption d'enfants qui sont actuellement pris en charge par des institutions spécialisées (...) Nous sommes également préoccupés par des déclarations laissant entendre que les adoptions déjà en cours seraient arrêtées", a encore réagi M. Ventrell.

De fait, la promulgation de la loi russe aura un effet concret immédiat en mettant un terme à 52 procédures en cours qui n'avaient pas encore abouti, selon le délégué du Kremlin aux droits de l'enfant.

nr/sam