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28/12/2012 07:04 EST | Actualisé 27/02/2013 05:12 EST

Tunisie: 65 prisonniers islamistes suspendent leur grève de la faim

Quelque 65 prisonniers tunisiens issus de la mouvance salafiste, en grève de la faim pour demander d'être jugés rapidement ou libérés, ont suspendu leur mouvement, mais sept autres refusent encore de s'alimenter, a annoncé vendredi l'Association Liberté et équité.

Cette suspension du mouvement a été confirmée à l'AFP par Fadhel Saihi, un responsable au ministère de la Justice, qui n'a cependant pas précisé le nombre de détenus concernés.

L'association n'a pas précisé depuis combien de temps les 65 détenus observaient leur mouvement. Elle a cependant exprimé son inquiétude pour Mohamed Ali Ben Nasr, l'un des sept salafistes encore en grève de la faim, qui a cessé de s'alimenter il y a un mois et a été hospitalisé mardi.

Selon Me Anouar Ouled Ali, l'avocat du détenu, il se trouve dans un état critique.

La mouvance salafiste, qui se dit victime d'une répression, estime à 900 le nombre de ses partisans placés en détention en Tunisie depuis la révolution de janvier 2011, qui avait été suivie d'une amnistie pour les prisonniers politiques, en particulier islamistes.

Le ministère de la Justice estime pour sa part que 150 à 200 personnes ont été arrêtées lors de violences impliquant des groupuscules islamistes radicaux. La plupart l'ont été dans le cadre de l'attaque de l'ambassade des Etats-Unis le 14 septembre à Tunis, dans laquelle quatre assaillants avaient été tués et des dizaines de personnes blessées.

Début novembre, deux détenus salafistes, Mohamed Bakhti et Béchir Gholli, accusés d'être impliqués dans cette attaque, sont morts après près de deux mois de grève de la faim pour protester contre leur arrestation et dénoncer leurs conditions de détention.

Depuis quelques semaines, des dizaines de détenus, parfois de droit commun, ont eu recours à la grève de la faim pour se faire entendre et pousser les autorités à réagir.

Ainsi Sami El Fehri, patron de la chaîne tunisienne Ettounsiya TV incarcéré depuis fin août dans une affaire de corruption, a cessé de s'alimenter le 18 décembre pour obtenir sa libération, et a dû être hospitalisé jeudi en raison d'une dégradation de son état de santé.

kl/fc