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28/12/2012 02:33 EST | Actualisé 27/02/2013 05:12 EST

Nouveau sabotage du principal oléoduc au Yémen

Des hommes armés ont saboté vendredi soir le principal oléoduc du Yémen dans la province de Marib (est), quelques heures après sa réparation, ont indiqué à l'AFP des sources tribales et un ingénieur.

Selon ces sources, des hommes des tribus, en conflit avec le pouvoir central, ont saboté l'oléoduc à cinq km du lieu du premier plasticage.

Le nouvel attentat a eu lieu alors que "les équipes techniques étaient parvenues à réparer l'oléoduc vendredi à midi, après une médiation tribale qui leur a permis d'accéder au site", selon un ingénieur qui a requis l'anonymat.

Des hommes armés relevant des tribus de la région avaient empêché au cours des derniers jours l'équipe technique de parvenir au secteur où l'oléoduc avait été plastiqué.

Des combats les avaient opposés le 25 décembre à l'armée, et 17 personnes avaient été tuées.

Selon une source tribale, un chef local se livre au sabotage régulier de l'oléoduc passant sur le territoire de sa tribu pour faire aboutir auprès des autorités sa demande d'une compensation financière.

L'oléoduc relie sur 320 km les puits de Safer, à l'est de Marib, au terminal de Ras Issa sur la mer Rouge.

Selon des sources gouvernementales, les sabotages à répétition de cet oléoduc entraînent l'arrêt du pompage de 120.000 barils par jour.

Le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, est un petit producteur de pétrole, avec une production quotidienne de quelque 300.000 barils, destinée en particulier à l'exportation.

Il compte sur ses modestes revenus pétroliers pour alimenter le budget de l'Etat au moment où les crises politiques et l'insécurité mettent son économie au bord de l'effondrement.

Les autorités yéménites estiment à un milliard de dollars le manque à gagner en raison des sabotages réguliers de l'oléoduc, pour la seule année 2012. Ces sabotages ont également fait baisser de 4,5% les exportations de pétrole du pays, ont indiqué les autorités, sans préciser le volume de ces exportations.

En juillet, le ministre du Pétrole, Hicham Charaf Abdallah, avait affirmé que le pays avait perdu plus de 4 milliards de dollars à cause des sabotages d'oléoducs.

jj/at/sw