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28/12/2012 11:51 EST | Actualisé 27/02/2013 05:12 EST

Les rebelles attaquent une base militaire du nord-ouest syrien (ONG)

Plusieurs brigades rebelles ont lancé vendredi une attaque contre la base de Wadi Deif, dans la province d'Idleb (nord-ouest), la dernière place-forte militaire encore aux mains de l'armée dans cette région, ont rapporté des rebelles et une ONG syrienne.

"L'aviation mène des raids aux abords de Wadi Deif tandis que de violents combats se poursuivent au sol, faisant deux morts parmi les rebelles", a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"A cause de son importance stratégique, les rebelles ont depuis longtemps l'intention de prendre (Wadi Deif) quelles que soient les pertes qu'ils auront à essuyer", a précisé l'ONG.

En outre, "de nombreuses troupes y sont rassemblées, elles sont le dernier espoir du régime pour rouvrir la route Damas-Alep, principal accès des renforts militaires vers Alep. La prise de Wadi Deif serait la fin de cet espoir", a poursuivi l'OSDH, une organisation basée au Royaume-Uni.

Des rebelles sur le terrain ont affirmé que le Front jihadiste Al-Nosra menait l'offensive, qu'il a baptisée "Edifice fortifié".

Le 9 octobre les rebelles se sont emparés de Maaret al-Noomane, proche de Wadi Deif et située sur la route reliant Damas et Alep, les deux métropoles syriennes.

L'armée a lancé à plusieurs reprises des opérations pour reprendre cette ville stratégique, en vain.

Plus au nord, l'OSDH fait état de violents combats depuis le matin entre les troupes régulières et des combattants d'Al-Nosra ainsi que des brigades rebelles près de l'aéroport international d'Alep.

Selon l'OSDH, les insurgés "ont attaqué le quartier général du bataillon chargé de la protection de l'aéroport militaire et y affrontaient les soldats".

Son directeur, Rami Abdel Rahmane, a précisé à l'AFP qu'avec ces combats la route de l'aéroport devenait "très dangereuse pour l'armée", rendant plus difficile encore l'approvisionnement d'Alep.

Près de Damas, dans la matinée, "l'aviation a bombardé pour la première fois la localité de Assal al-Ward, dans la région du Kalamoun, tuant un civil, blessant des dizaines d'autres et détruisant de nombreuses habitations", a précisé l'OSDH, qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de médecins.

L'armée s'est retirée jeudi de plusieurs zones aux alentours de la capitale, après des attaques rebelles contre des barrages militaires, selon l'OSDH, qui redoute désormais de nouveaux bombardements de l'aviation.

Des combats et des bombardements ont également eu lieu dans plusieurs banlieues de Damas, a précisé l'OSDH.

L'organisation a par ailleurs publié vendredi une vidéo datée du 25 décembre, montrant des combattants armés, en tenue militaire ou en civil, qui escortent des soldats de l'armée du régime, certains d'entre eux torse nu et les mains derrière la tête.

"Ce sont des Chabbihas (milices pro-Assad) et des soldats du régime (..) arrêtés" par les rebelles, au moment de leur fuite du village de Harem, dans la province d'Idleb, affirme la personne en train de filmer la scène.

Ce village est contrôlé par des rebelles depuis mardi, affirme l'OSDH.

Selon un bilan provisoire de l'ONG, au moins 121 personnes ont péri vendredi en Syrie, dont 34 rebelles, 43 civils et 44 soldats. Jeudi, les violences avaient fait au moins 142 morts, de même source.

La Syrie est en proie depuis mars 2011 à une révolte populaire violemment réprimée qui s'est transformée en conflit armé. En 21 mois, les violences ont fait plus de 45.000 morts, selon l'OSDH.

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