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28/12/2012 12:17 EST | Actualisé 27/02/2013 05:12 EST

La jeune Indienne victime d'un viol collectif a succombé à ses blessures

NEW DELHI - La jeune femme victime d'un viol collectif dans un autobus de New Delhi, en Inde, a succombé à ses blessures dans un hôpital de Singapour tôt samedi matin.

Selon un communiqué de l'hôpital Mount Elizabeth, la victime de 23 ans a rendu l'âme «paisiblement», entourée de ses proches et de responsables de l'ambassade de l'Inde.

Le supplice vécu par la jeune femme a scandalisé les Indiens, qui ont organisé des manifestations presque tous les jours depuis le viol pour réclamer une meilleure protection des femmes contre les violences sexuelles, qui ne sont souvent pas rapportées aux autorités.

Les autorités indiennes ont été accusées d'avoir dénigré les victimes de viol et d'avoir refusé d'intenter des poursuites contre leurs agresseurs, décourageant encore davantage les victimes de rapporter les crimes.

La victime voyageait dans un autobus à New Delhi le 16 décembre avec un ami de sexe masculin quand ils ont été attaqués par une bande d'hommes. Les assaillants ont violé la femme, avant de les déshabiller tous les deux et de les abandonner sur la route.

Selon certains médias, les assaillants ont battu la jeune femme et ont inséré une tige de fer dans son corps lors de l'assaut.

Les autorités ont arrêté six hommes en lien avec l'attaque, qui a laissé la victime avec de graves blessures internes, une infection pulmonaire et des lésions au cerveau. Elle a également subi un arrêt cardiaque alors qu'elle était hospitalisée en Inde.

Après 10 jours de soins dans un hôpital de New Delhi, la jeune femme a été transportée à Singapour jeudi pour y être traitée dans une institution spécialisée dans les transplantations multiples. Vendredi soir, l'état de la jeune femme s'était considérablement aggravé.

«Elle a souffert de graves défaillances de ses organes à la suite de blessures à son corps et à son cerveau. Elle a été courageuse de se battre pour sa vie pendant aussi longtemps, mais le traumatisme était trop grave pour qu'elle puisse le surmonter», a déclaré un responsable de l'hôpital, le docteur Kevin Loh.

L'ambassadeur indien à Singapour, T.C.A. Raghanvan, a indiqué que des mesures avaient été prises pour rapatrier le corps de la jeune femme en Inde.

La nature terrifiante de l'attaque a choqué les Indiens. Mais la tragédie a également forcé l'Inde à confronter le fait que les femmes victimes de viol sont souvent blâmées pour le crime, ce qui les force à se taire et à ne pas se plaindre aux autorités de crainte d'exposer leurs proches à l'opprobre. La police refuse souvent d'accepter les plaintes de celles qui sont assez courageuses pour dénoncer leurs agresseurs.

Les autorités semblent avoir pris la mesure de l'ampleur du problème au cours des derniers jours. Dans l'État du Punjab, les autorités ont congédié deux policiers et en ont suspendu un, vendredi, pour avoir retardé l'enquête sur le viol collectif d'une jeune femme de 18 ans qui s'est suicidée un mois après avoir porté plainte à la police.

Les trois accusés du viol ont seulement été arrêtés jeudi, un mois après que le crime eut été rapporté.

Selon l'agence Press Trust of India, la jeune femme a été violée le 13 novembre et a rapporté l'attaque à la police le 27 novembre. Mais la police l'a harcelée, lui a posé des questions embarrassantes et n'a rien fait pour arrêter les coupables.

Dans l'État de Chhattisgarh, les autorités ont suspendu un policier qui avait refusé d'enregistrer une plainte pour viol.

Certains politiciens se sont retrouvés dans l'embarras pour leurs commentaires qui diminuaient la gravité des viols et insultaient les manifestants réclamant une meilleure protection des femmes.

Vendredi, Abhijit Mukherjee, membre du Parlement et fils du président de l'Inde, s'est excusé pour avoir dénigré les manifestantes en affirmant qu'elles passaient leur temps entre les discothèques et les manifestations.

«J'offre mes excuses inconditionnelles à toutes les personnes qui ont pu se sentir blessées», a-t-il dit sur la chaîne télévisée NDTV.