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28/12/2012 01:58 EST | Actualisé 27/02/2013 05:12 EST

Des milliers de sunnites irakiens manifestent contre le gouvernement

FALLOUJAH, Irak - Des dizaines de milliers de sunnites irakiens en colère, qui estiment être traités comme des citoyens de deuxième classe par le gouvernement à majorité chiite, se sont rassemblés pour manifester, vendredi, le long d'une importante autoroute de l'ouest et ailleurs dans le pays. Il s'agit de la plus imposante manifestation des sunnites irakiens de la semaine, marquée par plusieurs rassemblements.

Ces manifestations très bien organisées, lancées après les prières traditionnelles du vendredi, soulignent la force d'un mouvement de protestation tenace qui semble gagner des appuis parmi les sunnites, dont les griefs ont augmenté à la suite d'arrestations et de poursuites vues comme des moyens de consolider encore davantage le pouvoir chiite.

La plus importante manifestation de vendredi a eu lieu sur une importante route vers la Jordanie et la Syrie qui traverse les villes de Falloujah et de Ramadi, dans la province majoritairement sunnite d'Anbar, à l'ouest de Bagdad.

Plusieurs milliers de protestataires ont pris d'assaut les rues de Falloujah, déclarant cette journée comme celle du «vendredi de l'honneur». Certains brandissaient de vieux drapeaux irakiens utilisés durant l'ère de l'ancien dictateur Saddam Hussein, dont le gouvernement dominé par les sunnites a été renversé par l'invasion américaine de 2003.

D'autres tenaient bien haut le drapeau actuel, approuvé en 2008. Quelques-uns des manifestants brandissaient la bannière des rebelles sunnites qui combattent de l'autre côté de la frontière pour faire tomber le régime du président syrien Bachar al-Assad.

Lors d'une conférence à Bagdad, le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a mis en garde contre un retour aux conflits interreligieux et a prévenu que le pays risquait de revenir «aux jours sombres où les gens étaient tués en raison de leur nom ou de leurs appartenances». Il a profité de l'occasion pour s'en prendre aux manifestants d'Anbar, jugeant inacceptable de «bloquer des routes et d'encourager le sectarisme».

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