NOUVELLES
28/12/2012 01:00 EST | Actualisé 27/02/2013 05:12 EST

Centrafrique: les diplomates américains évacués, nouveaux combats à Bambari

BANGUI, République centrafricaine - Les forces gouvernementales et les rebelles qui veulent renverser le président François Bozizé se sont affrontés vendredi dans la troisième ville de la République centrafricaine, a déclaré un responsables militaire, quelques heures après que l'ambassadeur des États-Unis et son équipe eurent été évacués de la capitale, Bangui.

Les troupes gouvernementales semblaient contrôler la ville de Bambari après les combats, selon des responsables militaires. La ville, située à environ 385 kilomètres de la capitale, était sous le contrôle des rebelles depuis cinq jours.

Les États-Unis ont évacué environ 40 personnes, dont l'ambassadeur, à bord d'un avion militaire à destination du Kenya dans la nuit de jeudi à vendredi, ont indiqué des responsables américains, qui ont réclamé l'anonymat parce qu'ils n'étaient pas autorisés à discuter de l'opération.

Les États-Unis disposent de forces spéciales en République centrafricaine, qui participent à la traque de Joseph Kony, le chef d'un autre groupe rebelle, l'Armée de résistance du Seigneur, originaire de l'Ouganda. Les forces spéciales resteront en Centrafrique malgré la situation, a indiqué le commandement militaire américain pour l'Afrique.

L'évacuation des diplomates américains survient dans la foulée des critiques sur la façon dont les États-Unis ont géré la sécurité diplomatique avant et pendant l'attaque contre le consulat de Benghazi, en Libye, le 11 septembre. L'ambassadeur et trois autres Américains avaient été tués dans l'attaque.

Les diplomates français sont toujours présents à Bangui, malgré la manifestation violente devant l'ambassade de France plus tôt cette semaine. Des dizaines de manifestants, en colère contre le manque d'appui de la France pour lutter contre les rebelles, avaient lancé des pierres contre l'ambassade et volé le drapeau français.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a téléphoné au président centrafricain, François Bozizé, pour lui demander de prendre la responsabilité des missions diplomatiques et des citoyens français en République centrafricaine.

Jeudi, le président Bozizé avait supplié la France et les autres puissances étrangères d'aider son gouvernement à repousser les rebelles qui approchent de la capitale. Mais le président François Hollande a répondu que la France voulait protéger ses intérêts en Centrafrique, et non le gouvernement de M. Bozizé.

Le gouvernement centrafricain a déjà obtenu l'aide de son allié de longue date, le Tchad, qui a promis d'envoyer 2000 soldats.

Les rebelles, regroupés au sein d'une coalition appelée «Séléka», ont signé un accord de paix avec le gouvernement en 2007, ce qui leur a permis d'être intégrés à l'armée régulière. Les rebelles accusent aujourd'hui le gouvernement de ne pas avoir complètement appliqué l'accord.

Les insurgés affirment que leur rébellion se justifie par «la soif de justice, de paix, de sécurité et de développement économique du peuple centrafricain».

Les rebelles ont déjà pris le contrôle de dix villes dans le nord du pays et les résidants de Bangui craignent maintenant leur arrivée dans la ville à tout moment, même si les insurgés ont assuré qu'ils ne voulaient pas prendre la capitale et qu'ils restaient ouverts aux discussions.

La France a encouragé des négociations entre le gouvernement centrafricain et les rebelles. Le ministère français des Affaires étrangères a souligné dans un communiqué que les négociations «doivent commencer bientôt à Libreville», au Gabon. Mais on ne sait pas très bien si une date a déjà été fixée pour le début des pourparlers.