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27/12/2012 09:48 EST | Actualisé 26/02/2013 05:12 EST

Tunisie: marche pour la libération du patron d'une TV en grève de la faim

Des artistes ont manifesté jeudi à Tunis pour exiger la libération de Sami Fehri, patron de la chaîne privée Ettounsiya TV qui a été hospitalisé au 10e jour d'une grève de la faim.

"M. Fehri a été examiné par un groupe de médecins de la santé publique qui ont ordonné son hospitalisation immédiate", a déclaré à l'AFP son avocat Abdelaziz Essid.

Peu avant, la soeur de M. Fehri avait exigé le transfert du prisonnier dans un milieu hospitalier et Me Essid avait dit craindre pour la vie de son client qui observe depuis le 18 décembre une grève de la faim dite sauvage, se privant de nourriture mais aussi d'eau.

Les manifestations réclamant la libération du parton d'Ettounsiya se sont multipliées ces derniers jours en Tunisie, mobilisant des députés de l'opposition, des journalistes et défenseurs des droits de l'Homme.

"Respectez le droit", "Libérez l'homme" ou "le gouvernement doit appliquer la loi", proclamaient jeudi des pancartes portées par des acteurs, chanteurs et artistes défilant en "marche silencieuse".

"Je ne dis pas que Sami Fehri ne doit pas rendre de comptes" mais "je suis ici pour défendre l'état de droit" et exiger sa libération ordonnée par la justice, a déclaré à l'AFP l'actrice Naïma Jeni.

La Cour de cassation a ordonné fin novembre la libération de M. Fehri, mais le parquet a empêché cette remise en liberté à deux reprises, assurant que la Cour de cassation n'était pas compétente.

M. Fehri a été incarcéré fin août dans le cadre d'une affaire de corruption remontant à l'époque du président déchu Zine El Abidine Ben Ali. Il est inculpé de complicité de détournement de fonds publics et risque 10 ans de prison.

Le patron d'Ettounsiya et ses défenseurs évoquent "un acharnement judiciaire" en représailles à une émission satirique politique diffusée par la chaîne pendant l'été et suspendue, selon M. Fehri, sous la pression de responsables du parti islamiste Ennahda au pouvoir.

Les autorités affirment vouloir "assainir" le secteur des complices du régime déchu, rappelant que M. Fehri était un associé de Belhassen Trabelsi, beau-frère de Ben Ali aujourd'hui en fuite au Canada.

L'affaire a été renvoyée devant la chambre d'accusation pour le 3 janvier.

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