NOUVELLES
27/12/2012 01:36 EST | Actualisé 26/02/2013 05:12 EST

Le président centrafricain supplie la France de l'aider à repousser les rebelles

BANGUI, République centrafricaine - Le président de la République centrafricaine a demandé jeudi à la France et aux autres puissances étrangères d'aider de toute urgence son gouvernement à neutraliser les rebelles qui ont pris plusieurs villes et qui avancent vers la capitale.

Les autorités françaises ont cependant refusé d'offrir une assistance militaire, et rien n'indique que d'autres pays pourraient vouloir intervenir.

Ces développements laissent penser que la République centrafricaine pourrait être à la veille d'un nouveau changement violent de gouvernement, une situation qui n'est pas nouvelle dans l'histoire du pays. Le président actuel, François Bozizé, est lui-même arrivé au pouvoir après un coup d'État il y a près de dix ans.

S'adressant à une foule réunie à Bangui, la capitale qui compte quelque 600 000 habitants, François Bozizé a supplié les puissances étrangères de faire tout ce qu'elles peuvent pour aider son gouvernement. Il parlait en particulier de la France, l'ancienne puissance coloniale. Environ 200 soldats français se trouvent présentement en République centrafricaine pour fournir une assistance technique et former l'armée du pays, selon le ministère français de la Défense.

«La France a les moyens d'arrêter (les rebelles), mais malheureusement, elle n'a rien fait pour nous jusqu'à maintenant», a dit M. Bozizé.

Le président français, François Hollande, a déclaré jeudi que la France voulait protéger ses intérêts en République centrafricaine, et non le gouvernement Bozizé.

Mercredi, des dizaines de manifestants en colère contre l'absence d'aide internationale pour repousser les rebelles avaient lancé des pierres sur l'ambassade de France à Bangui.

La France a encouragé des négociations entre le gouvernement centrafricain et les rebelles. Le ministère français des Affaires étrangères a souligné dans un communiqué que les négociations «doivent commencer bientôt à Libreville», au Gabon. Mais on ne sait pas très bien si une date a déjà été fixée pour le début des pourparlers.

Les rebelles, regroupés au sein d'une coalition appelée «Séléka», ont signé un accord de paix avec le gouvernement en 2007, ce qui leur a permis d'être intégrés à l'armée régulière. Les rebelles accusent aujourd'hui le gouvernement de ne pas avoir complètement appliqué l'accord.

Les rebelles ont déjà pris le contrôle de dix villes dans le nord du pays et les résidants de Bangui craignent maintenant leur arrivée dans la ville à tout moment, même si les insurgés ont assuré qu'ils ne voulaient pas prendre la capitale et qu'ils restaient ouverts aux discussions.

Dans son discours de jeudi, le président Bozizé a déclaré qu'il était prêt à dialoguer avec les rebelles, tout en les accusant de vouloir exploiter les ressources du pays dans leur propre intérêt avec l'aide d'une «main étrangère».