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27/12/2012 01:07 EST | Actualisé 26/02/2013 05:12 EST

Le procureur en chef de l'Égypte ouvre une enquête sur les chefs de l'opposition

LE CAIRE, Égypte - Le procureur en chef de l'Égypte a ordonné jeudi l'ouverture d'une enquête sur les leaders de l'opposition, qui ont été accusés par un avocat d'avoir incité au renversement du gouvernement du nouveau président Mohamed Morsi, a déclaré un responsable du ministère de la Justice.

L'enquête, ordonnée par le procureur en chef nommé par le président Morsi, risque d'aggraver les tensions politiques qui ont dégénéré en violences dans les rues au cours des dernières semaines, notamment au sujet du projet de Constitution, adopté au terme d'un référendum en décembre.

Les accusations d'incitation au renversement du gouvernement, déposées le mois dernier, allèguent que Mohammed El Baradei, ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique et lauréat du prix Nobel de la paix, Amr Moussa, ex-ministre des Affaires étrangères et ancien secrétaire général de la Ligue arabe, et Hamdeen Sahabi, ancien candidat à la présidence, ont fait campagne en faveur du renversement du président Mohamed Morsi.

L'ouverture de l'enquête ne signifie pas nécessairement que les accusations seront maintenues, mais il est très inhabituel que des procureurs enquêtent sur des accusations aussi larges portées contre des personnalités politiques de premier plan.

Le responsable qui a révélé l'ouverture de l'enquête a réclamé l'anonymat, conformément aux politiques gouvernementales.

Une porte-parole de M. Moussa, Yara Khallaf, a souligné qu'il n'y avait pas d'accusations officielles et pas de convocation devant la justice. Elle a refusé de commenter les accusations portées contre les leaders de l'opposition.

Emad Abu Ghazi, secrétaire général du parti d'opposition de M. El Baradei, a indiqué qu'il n'avait aucun détail sur l'enquête, mais a estimé que les accusations et l'enquête étaient «le signe d'un penchant vers un État policier et une tentative d'éliminer les opposants politiques».

Le régime de l'ancien président Hosni Moubarak traitait ses opposants de la même façon, a dit M. Abu Ghazi.

MM. El Baradei et Sabahi n'ont pas commenté la situation dans l'immédiat.

Les accusations découlent de la crise politique entourant les décrets présidentiels qui accordaient à Mohamed Morsi et à la commission constitutionnelle l'immunité judiciaire.

L'opposition avait appelé le président à abroger les décrets et l'a accusé de concentrer trop de pouvoirs entre ses mains. Elle demandait aussi le retrait du projet de Constitution contesté.

L'opposition a organisé plusieurs manifestations imposantes pour protester, notamment un rassemblement devant le palais présidentiel du Caire, lors duquel les manifestants avaient appelé M. Morsi à quitter le pouvoir. La manifestation a tourné à la violence quand des partisans du président ont attaqué ses opposants. Au moins 10 personnes ont été tuées.

Mohamed Morsi et les Frères musulmans, dont il est issu, ont accusé l'opposition de vouloir miner la légitimité du président et des responsables de l'ancien régime de tenter de le renverser.