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27/12/2012 05:40 EST | Actualisé 26/02/2013 05:12 EST

Grève de la faim: des jeûnes communautaires en appui à Theresa Spence

OTTAWA - Des membres de la Première Nation Mi'kmaq ont débuté jeudi un jeûne de quatre jours en appui à la chef d'Attawapiskat, Theresa Spence, qui a entamé le 11 décembre une grève de la faim près de la colline parlementaire, à Ottawa.

Selon l'organisatrice de l'événement, Shelley Young, jusqu'à 200 participants pourraient prendre part à des jeûnes dans les réserves néo-écossaises de Milbrook et d'Eskasoni.

Mme Young a ajouté qu'en participant à ces jeûnes, les Autochtones veulent rappeler qu'ils désirent que le premier ministre Stephen Harper rencontre Mme Spence.

D'autres jeûnes communautaires sont également organisés ailleurs au pays, et sont ouverts à toute personne désirant y participer, a indiqué Mme Young. Les jeûnes de Nouvelle-Écosse auront lieu jusqu'au 31 décembre à midi.

La chef d'Attawapiskat, une communauté crie de la rive ontarienne de la baie James, souhaite sensibiliser le public à la réalité des communautés autochtones, et sollicite une rencontre avec le premier ministre Harper, le gouverneur général, David Johnston, et les leaders des Premières Nations. Le ministre fédéral des Affaires autochtones, John Duncan, a offert de rencontrer Mme Spence, mais elle a refusé.

Le député néo-démocrate Charlie Angus, qui a soutenu la chef Spence, affirme que la situation devient dangereuse pour sa vie. M. Angus doit d'ailleurs visiter la chef ce vendredi pour s'assurer de son état de santé.

Le député de la circonscription où se trouve Attawapiskat a aidé à faire connaître la situation déplorable de la réserve à l'échelle internationale, l'an dernier, mais a dit être particulièrement inquiet du fait qu'elle ait entamé une grève de la faim. Selon M. Angus, la seule solution consiste, pour le premier ministre Harper, à faire preuve de leadership et à rencontrer Mme Spence.

Deux candidats montréalais à la direction du Parti libéral du Canada (PLC) se sont aussi portés à la défense de Mme Spence.

Mercredi, le député Justin Trudeau avait visité la chef, qui mène sa grève de la faim sur une île de la rivière des Outaouais. Il a soutenu qu'elle ne devrait pas avoir à se sacrifier de la sorte pour les siens.

Un peu plus tard, dans une lettre publiée sur son site Internet, le député Marc Garneau a exhorté M. Harper à rencontrer Mme Spence.

«En janvier dernier, au rassemblement de la Couronne et des Premières Nations, le Canada s’est engagé à rétablir ses relations avec les Premières Nations avec la reconnaissance mutuelle, le partage et la confiance. Malheureusement, cette confiance a été perdue. Pour la retrouver, il faut la mériter. La confiance ne se mérite pas avec une seule déclaration. Elle est construite étape par étape, jour après jour, grâce à l’action», écrit-il dans une lettre ouverte.

«Je vous demande d’initier la prochaine étape dans la construction de la 'conviction renouvelée' que nous avons promise, et d’offrir [à la] chef Spence et aux dirigeants des Premières Nations une réunion pour élaborer un plan d’action concernant le traitement des peuples autochtones.»