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27/12/2012 12:16 EST | Actualisé 26/02/2013 05:12 EST

Des nouvelles mamans qui ne paient pas leurs factures sont emprisonnées au Kenya

NAIROBI, Kenya - Le directeur de l'hôpital de maternité Pumwani, situé dans un quartier du centre de Nairobi, au Kenya, admet ouvertement ce dont il est accusé: la détention de nouvelles mamans qui ne peuvent payer leurs factures. Selon Lazarus Omondi, il s'agit de la seule méthode lui permettant de poursuivre les activités de son hôpital.

Deux mères vivant dans une cabane aux murs de boue et au toit de tôle, à une petite distance de l'hôpital _ qui est affilié au Conseil municipal de Nairobi _, ont déclaré à l'Associated Press que l'institution de Pumwani ne voulait pas les laisser partir après avoir aidé à mettre leurs enfants au monde. Les factures que les mères ne pouvaient payer s'établissaient à 60 $ US et 160 $ US. Des gardes frappaient avec des bâtons des mères qui tentaient de sortir sans payer, a dit l'une des deux femmes.

Un groupe établi à New York a désormais intenté une poursuite au nom de ces dernières, dans l'espoir de forcer l'hôpital de Pumwani à mettre fin à cette pratique.

M. Omondi estime qu'il est seulement question d'assurer la rentabilité de l'hôpital.

Le Center for Reproductive Rights, qui a déposé la poursuite ce mois-ci à la Haute Cour kenyane, affirme que le fait de détenir des femmes pour les faire payer est illégal. Affilié au conseil municipal, l'hôpital serait en mesure de s'en tirer avec de telles pratiques, d'autant plus qu'il accueille les femmes les plus pauvres, qui disposent de peu d'appuis.

Judy Okal, la directrice de la branche africaine du centre, a indiqué que son groupe avait intenté la poursuite pour que toutes les mères kenyanes, sans égard à leur statut socio-économique, puissent recevoir des soins de santé sans craindre d'être emprisonnées.