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27/12/2012 11:13 EST | Actualisé 26/02/2013 05:12 EST

Budget américain: Obama de retour à Washington mais pessimisme sur un accord

Le président américain Barack Obama est revenu jeudi à Washington à cinq jours de l'échéance du "mur budgétaire", sans perspective évidente d'épargner aux Etats-Unis une cure d'austérité radicale vu le désaccord persistant avec les élus républicains.

Le dirigeant démocrate est arrivé peu avant midi (17H00 GMT) à la Maison Blanche, où il a retrouvé la même situation qu'à son départ il y a six jours pour son archipel natal d'Hawaii (Pacifique): des négociations au point mort avec le président de la Chambre des représentants John Boehner.

Ce dernier a affirmé mercredi que c'était au Sénat, contrôlé par les alliés de M. Obama, de faire le prochain pas en se prononçant sur des textes budgétaires déjà adoptés par la Chambre.

Mais le chef de file des démocrates au Sénat, Harry Reid, n'a pas semblé prêt à une telle concession jeudi. Il a fait peser sur M. Boehner la responsabilité de l'impasse et dit son pessimisme sur la perspective d'un accord: "Nous allons dans le mur (...) et la Chambre n'est pas là".

Le bureau du chef de la majorité de la Chambre, Eric Cantor, a ensuite indiqué que les membres de cette assemblée étaient convoqués dimanche soir pour reprendre leurs débats sur les "affaires législatives", sans plus de précisions dans l'immédiat.

M. Obama a ignoré les questions lancées par des journalistes lors de son retour à la Maison Blanche. Nettement réélu en novembre, il a déjà rejeté les propositions républicaines, estimant qu'elles sont déséquilibrées car elles ne demandent pas suffisamment d'efforts aux contribuables les plus aisés et tentent de réduire les déficits en s'attaquant surtout aux dépenses.

Au coeur du débat se trouve en effet la question d'un rééquilibrage des comptes publics, après quatre exercices où le déficit a dépassé les 1.000 milliards de dollars, soit jusqu'à 10% du budget.

M. Obama veut que ce rééquilibrage s'effectue notamment en augmentant le taux d'imposition des foyers aux revenus supérieurs à 250.000 dollars, tout en prolongeant les allègements fiscaux hérités de la présidence de son prédécesseur George W. Bush pour 98% des contribuables.

Faute d'accord, les impôts de tous les Américains augmenteront à partir du 1er janvier de 2.200 dollars en moyenne par foyer fiscal, selon la Maison Blanche.

En outre, au même moment sont censées entrer en vigueur des coupes drastiques, notamment dans le budget de la Défense, provision héritée d'un accord entre démocrates et républicains en 2011.

Ce cocktail de rigueur risque de faire replonger la première économie mondiale dans la récession, ont prévenu des économistes. Alors que les négociations piétinent depuis des semaines, le moral des ménages américains a fortement chuté pour le deuxième mois consécutif, selon un indice publié jeudi.

A cette situation est venue s'ajouter mercredi la perspective d'une nouvelle empoignade sur le relèvement du plafond de la dette, une procédure qui avait déjà mis les Etats-Unis au bord du défaut de paiement pendant l'été 2011 en raison de l'insistance des républicains à compenser ce relèvement par des coupes dans les dépenses.

Le secrétaire au Trésor Timothy Geithner a prévenu que ce plafond serait atteint lundi et que des "mesures exceptionnelles" seraient "bientôt" prises pour éviter un défaut de paiement.

Alors que la nervosité gagnait les marchés, toutes les parties ont pris soin de noter que les lignes de communication restaient ouvertes. Le président Obama a appelé au téléphone les chefs de file du Congrès, dont M. Boehner, mercredi soir, selon la Maison Blanche.

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