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26/12/2012 11:00 EST | Actualisé 25/02/2013 05:12 EST

Tunisie: Marzouki refuse de revoir son budget rejeté par la Constituante

Le président tunisien Moncef Marzouki maintiendra son budget à 79 millions de dinars pour 2013 (38 millions d'euros) malgré le rejet du projet par l'Assemblée nationale constituante (ANC), a annoncé mercredi le porte-parole du président, Adnane Mancer.

"La présidence ne réduira pas d'un iota son budget pour 2013", a déclaré le porte-parole lors d'une conférence de presse, rappelant que ce budget représentait 0,3% du budget général de l'Etat, fixé à 26 milliards de dinars (13 milliards d'euros).

Le budget de la présidence, en hausse de 7,3%, n'a été approuvé lundi que par 69 des 135 députés de l'ANC présents, alors qu'il fallait une majorité des deux tiers. Ceux qui ont voté contre ont argué d'une conjoncture exigeant "une politique d'austérité au niveau des dépenses de gestion".

Ce rejet a "des relents politiques", a affirmé le directeur du cabinet présidentiel, Imed Daimi. L'assemblée, où les islamistes du parti Ennahda disposent de 89 des 217 sièges, a en effet approuvé sans difficulté son propre budget et celui de la présidence du gouvernement, tous deux à la hausse.

Selon M. Mancer, la hausse du budget de la présidence correspond à des augmentations salariales pour les milliers de fonctionnaires relevant de ses services, en particulier 3.416 agents chargés de la protection des institutions, personnalités et invités officiels.

Le président et ses 18 conseillers ne sont guère concernés, a-t-il insisté, en détaillant la rémunération du président, qui perçoit un salaire mensuel net de 20.000 dinars (10.000 euros). Il en dépense 3.000 et reverse régulièrement le reste à des oeuvres sociales, a assuré le porte-parole.

En 2010, dernière année d'exercice de Zine El Abidine Ben Ali, chassé par une révolution en janvier 2011, le budget de la présidence s'élevait à 98,7 millions de dinars (50 millions d'euros), selon M. Mancer.

Critiquée pour le retard pris dans la rédaction de la Constitution, l'ANC est souvent le théâtre de tiraillements politiques et ses membres sont pointés du doigt par les médias pour des rémunérations jugées trop élevées, alors le chômage et la misère continuent de miner le pays.

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