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26/12/2012 07:13 EST | Actualisé 25/02/2013 05:12 EST

Plus de 45.000 morts en Syrie, pas d'accord sur un plan de sortie de crise

Les violences en Syrie ont fait plus de 45.000 morts en 21 mois sans qu'une issue ne soit en vue, l'émissaire international Lakhdar Brahimi ayant une nouvelle fois échoué à rallier régime et opposition à son plan de sortie de crise.

Mercredi, 20 personnes ont été tuées, dont huit enfants, dans un bombardement sur le village de Qahtaniyé (nord), a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Depuis le début de la contestation contre le régime de Bachar al-Assad en mars 2011, les violences ont fait 45.048 morts, dont plus de 31.544 civils, a rapporté cette ONG.

Le nombre de soldats tués s'élève à 11.217 et celui des déserteurs à 1.511, a précisé l'OSDH, basée en Grande-Bretagne et qui s'appuie sur un large réseau de militants et de sources médicales dans les hôpitaux civils et militaires.

Ces bilans ne comprennent pas les milliers de personnes disparues en détention, ni la plupart des tués parmi les "chabbihas" (miliciens pro-régime), ni les combattants étrangers dont la mort est annoncée dans leur pays.

"En outre, ni les rebelles ni l'armée ne révèlent le nombre exact de personnes tuées dans leurs rangs pour ne pas porter un coup au moral des troupes", a expliqué le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

En totalisant toutes ces catégories, le nombre de morts pourrait dépasser les 100.000, selon lui.

Et après presque deux ans, aucune lueur d'espoir ne pointe à l'horizon. L'émissaire international Lakhdar Brahimi, qui a eu mercredi des réunions discrètes à Damas où il est censé rester jusqu'à dimanche, n'a pas obtenu pour le moment l'assentiment du président Assad ni celui des principaux groupes de l'opposition à un plan international de sortie de crise.

Le diplomate algérien s'était entretenu le 6 décembre à Dublin avec les chefs de la diplomatie américaine et russe Hillary Clinton et Sergueï Lavrov, au sujet d'un plan.

Des informations publiées par le journal français Le Figaro ont fait état d'un accord entre Russes et Américains sur la constitution d'un gouvernement de transition ayant tous les pouvoirs et le maintien de M. Assad jusqu'au terme de son mandat en 2014, avec l'impossibilité pour lui de se représenter.

Mais, selon des diplomates à l'ONU, il n'y a aucun signe d'une volonté de négocier de la part du président syrien que M. Brahimi a rencontré lundi.

Le chef de l'Etat s'appuie sur une "jeune garde" partisane d'une guerre sans concession, selon les experts.

"Le pouvoir est de plus en plus concentré entre les mains d'une poignée de personnes du clan Assad, un clan de plus en plus autiste et qui semble avoir choisi la fuite en avant", a expliqué à l'AFP Karim Bitar, directeur de recherches à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) à Paris.

De leur côté, les organisations qui combattent sur le terrain ont rejeté les "la solution proposée par M. Brahimi", les Comités locaux de coordination (LCC) insistant ainsi sur le fait qu'"Assad et tous les responsables politiques, militaires et sécuritaires doivent quitter le pouvoir".

Sur le terrain, dans le camp palestinien de Yarmouk à Damas, des violents affrontements ont opposé durant la nuit de mardi à mercredi des rebelles aux combattants des "comités populaires" pro-régime, faisant voler en éclat l'accord obtenu la semaine dernière pour éloigner ce camp de la guerre civile qui secoue le pays.

Par ailleurs, 20 personnes ont péri, dont huit enfants et trois femmes, et des dizaines blessées dans le bombardement du village de Qahtaniyé, selon l'OSDH.

Dans la province de Hama (centre), l'armée a repris trois villages alaouites Ma'an, Zehbé et Talayssié, aux mains des rebelles.

Dans la même province, un opposant syrien de 50 ans, Fayçal Hallak, a été "assassiné" près de Salmiyé, selon l'OSDH. Il avait été détenu durant onze ans par le régime pour appartenance au Parti ouvrier communiste.

Des combats avaient par ailleurs lieu autour de la grande base militaire de Wadi Deif, dans la province d'Idleb. "Les combats sont extrêment violents et les islamistes ont fait sauter un bulldozer plein d'explosifs contre le camp", selon des militants cités par l'Observatoire.

Mardi, selon cette ONG, les violences à travers le pays avaient causé la mort de 149 personnes, dont 65 civils.

bur/sk/cco