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26/12/2012 02:36 EST | Actualisé 25/02/2013 05:12 EST

Des manifestants s'en prennent à l'ambassade de la France en Centrafrique

BANGUI, République centrafricaine - Des manifestants en colère ont lancé des pierres mercredi contre l'ambassade de la France en République centrafricaine, accusant l'ancienne puissance coloniale de ne pas en faire assez pour freiner l'avancée des rebelles vers la capitale.

La manifestation avait commencé plus tôt dans la journée devant l'ambassade des États-Unis à Bangui. Une centaine de manifestants se sont ensuite dirigés vers l'ambassade de la France en brandissant des affiches où l'on pouvait lire «Non à la guerre! Non à la France!».

«C'est la France qui nous a colonisés et elle devrait nous soutenir jusqu'à la fin. Malheureusement, les Français n'ont rien fait. Dans ce cas, nous leur demandons purement et simplement de quitter notre pays», a lancé un jeune manifestant devant l'ambassade.

Les manifestants ont ensuite entrepris d'arrêter les voitures qui passaient par là pour vérifier si des étrangers se trouvaient à l'intérieur.

«Ces gens ont descendu le drapeau français de son mât et l'ont enlevé», a déclaré l'ambassadeur français, Serge Mucetti. «Ils se sont mis à lancer des pierres dans le quartier de l'ambassade et ils ont fracassé des vitres. Ce genre de comportement est inacceptable.»

Air France a confirmé mercredi que son vol hebdomadaire vers Bangui avait rebroussé chemin à cause de la manifestation devant l'ambassade de la France. La décision a été prise par les autorités d'Air France et n'a pas été demandée par le gouvernement français, a indiqué la porte-parole du transporteur aérien, qui a réclamé l'anonymat conformément à la politique de l'entreprise.

Le ministère français des Affaires étrangères n'a pas répondu aux demandes d'entrevue de l'Associated Press.

De nombreux résidants de la capitale centrafricaine, qui compte quelque 600 000 habitants, craignent que leur ville ne se transforme en terrain de bataille entre l'armée et les rebelles. Ceux-ci ont déjà pris au moins dix villes après avoir rencontré une faible résistance des soldats.

L'un des chefs de la coalition rebelle a déclaré mercredi que ses combattants n'avaient pas l'intention d'avancer vers la capitale et restaient ouverts au dialogue avec le gouvernement.

Le colonel rebelle Djouma Narkoyo a affirmé que ses hommes avaient continué de prendre des villes au cours des derniers jours parce que les forces gouvernementales avaient attaqué leurs positions.

«Notre intention n'est pas de prendre Bangui», a-t-il dit lors d'une entrevue téléphonique. «Nous sommes toujours ouverts au dialogue.»

Mais les résidants de la capitale sont sceptiques et ne croient pas à la volonté de dialogue des rebelles.

«Nous avons peur de ce qui est en train de se produire dans notre pays en ce moment», a dit Léon Modomale, un fonctionnaire. «On a l'impression que les rebelles pourraient arriver dans la ville à tout moment parce qu'il y a trop de contradictions dans leur langage.»

Les rebelles, regroupés au sein d'une coalition appelée «Séléka», reprochent au gouvernement de ne pas avoir respecté l'accord de paix du 13 avril 2007.