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25/12/2012 01:52 EST | Actualisé 24/02/2013 05:12 EST

Irak: le Kurdistan suspend ses exportations pétrolières

BAGDAD - Les exportations pétrolières en provenance de la région du Kurdistan, en Irak, ont été suspendues en raison d'un différend commercial avec Bagdad, a annoncé mardi un responsable kurde irakien.

Cette situation pourrait mener à une escalade des tensions, déjà vives, entre les Kurdes et le gouvernement central irakien.

Depuis l'invasion américaine, en 2003, les Kurdes ont unilatéralement conclu plus de 50 ententes avec des compagnies pétrolières étrangères, et ce, même si Bagdad soutient qu'ils n'en ont pas le droit.

En 2011, les deux parties en étaient arrivées à une fragile entente: les Kurdes exporteraient leur pétrole à Bagdad, et gouvernement central serait responsable de vendre l'or noir, puis de verser 50 pour cent des profits aux promoteurs afin de rembourser les coûts de développement.

En avril dernier, les Kurdes avaient cessé d'exporter environ 100 000 barils par jour, soutenant que Bagdad avait effectué seulement deux versements et n'avait pas déboursé quelque 1,5 milliard $ auquel ils disaient avoir droit.

Quatre mois plus tard, les Kurdes avaient accepté de reprendre les exportations, afin de témoigner de leur bonne foi.

Cela avait permis aux deux parties de conclure une nouvelle entente en vertu de laquelle Bagdad paierait environ 848 millions $ aux entreprises en septembre.

Or, Bagdad a versé seulement 550 millions $ et retenu le reste de cette somme, soutient Ali Hussein Balo, conseiller du ministère kurde des Ressources naturelles.

«La région (du Kurdistan) se voit contrainte de suspendre les exportations de pétrole puisque Bagdad n'a pas respecté les engagements pris en septembre en ce qui a trait aux paiements», a dit le responsable lors d'une entrevue téléphonique avec l'Associated Press.

Selon Ali Hussein Balo, le Kurdistan irakien exportait environ 180 000 barils quotidiennement avant de commencer à diminuer les chargements.

Il n'a pas spécifié à quel moment les exportations ont cessé, mais a affirmé que cela s'était produit au cours des derniers jours.

Le porte-parole du vice-premier ministre irakien chargé de l'Énergie, Faisal Abdullah, a confirmé que Bagdad n'avait pas versé la somme d'argent dans son intégralité. Il a cependant précisé que les paiements avaient été suspendus puisque les Kurdes n'arrivaient pas à fournir les 200 000 barils quotidiens qu'ils s'étaient engagés à exporter.

Il n'a pas fourni plus de détails.