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25/12/2012 01:27 EST | Actualisé 24/02/2013 05:12 EST

Égypte: la constitution adoptée à 63,8 pour cent

LE CAIRE, Égypte - La nouvelle constitution égyptienne, élaborée par les islamistes, a obtenu la faveur de 63,8 pour cent de la population, a annoncé le responsable de la commission électorale, mardi.

Selon les résultats officiels dévoilés mardi, 32,9 pour cent des électeurs ont voté lors de ce référendum.

En vertu des résultats de ce vote, la charte devient la première constitution du pays depuis le soulèvement ayant mené à la chute de l'ancien président Hosni Moubarak, qui a été chassé du pouvoir après 30 années de règne autoritaire.

Il y a toutefois peu d'espoir que l'approbation de la constitution donne de la stabilité au pays après deux ans d'agitation, et le président islamiste Mohammed Morsi fera possiblement face à une crise immédiate en raison des difficultés économiques.

À la suite des troubles de ces derniers mois et des mesures d'austérité attendues, des Égyptiens ont commencé à accumuler des réserves de dollars de peur que leur monnaie s'affaiblisse.

La bataille au sujet de la constitution a laissé l'Égypte hautement polarisée au moment même où le gouvernement était à cours de liquidités. Ceux qui appuyaient la charte ont soutenu qu'elle apporterait de la stabilité, qu'elle augmenterait le contrôle que M. Morsi et ses alliés ont sur les institutions étatiques et qu'elle ramènerait la confiance des investisseurs et les touristes.

«À l'ère des changements, c'est la politique qui fait avancer l'économie, et non l'inverse», a fait valoir Mourad Aly, un conseiller aux médias de la division politique du groupe fondamentaliste des Frères musulmans, qui soutient la présidence de M. Morsi et qui est le principal regroupement à soutenir la constitution.

Il y a déjà plusieurs disputes à l'horizon.

Le département d'État américain a clairement indiqué à M. Morsi qu'il était le temps de faire des compromis, reconnaissant les divisions profondes en Égypte à propos de la constitution.

«Le Président Morsi, en tant que leader démocratiquement élu d'Égypte, a une responsabilité spéciale d'aller de l'avant de façon à reconnaître le besoin urgent de réparer les divisions, de mettre en place de la confiance et d'élargir l'appui au processus politique», a déclaré Patrick Ventrell, porte-parole adjoint intérimaire du département d'État.

Il a ajouté que l'Égypte avait besoin d'un gouvernement «fort et inclusif pour répondre à ses nombreux défis».

Après plusieurs démissions d'adjoints et de conseillers haut placés pendant la crise constitutionnelle, M. Morsi semblait avoir perdu un autre membre de son gouvernement tard mardi soir.

Son ministre des communications, Hany Mahmoud, a indiqué sur son compte Twitter qu'il démissionnait. Il a soutenu qu'il ne pouvait plus défendre la façon de régner du gouvernement, surtout dans les conditions actuelles du pays. L'information n'a toutefois pu être confirmée en raison de l'heure tardive.

M. Morsi a signé un décret mardi soir permettant de mettre en pratique la constitution après l'annonce des résultats officiels.

L'opposition avait fait campagne contre la constitution, soutenant que celle-ci mènerait à l'instauration d'un régime islamique en Égypte et qu'elle restreindrait les libertés.

Selon l'opposition, le référendum a été entaché par des fraudes électorales. Les opposants ont d'ores et déjà annoncé leur intention de contester les résultats.

Le juge Samir Abou el-Maati, dirigeant de la commission électorale égyptienne, a nié les allégations voulant que la branche judiciaire n'ait pas exercé une surveillance suffisante lors du vote.

Les résultats officiels sont très proches des résultats non officiels qui avaient été annoncés par les Frères musulmans.

Le référendum a été tenu sur deux jours, le 15 et le 22 décembre.

Lors du premier tour, environ 56 pour cent des électeurs avaient dit «oui» à la nouvelle charte. Le taux de participation avait été de 32 pour cent.