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24/12/2012 08:02 EST | Actualisé 23/02/2013 05:12 EST

Des centaines de Syriens affluent en Turquie après l'attaque d'Halfaya

BEYROUTH - Des centaines de Syriens ont trouvé refuge en Turquie lundi, au lendemain d'une frappe aérienne contre une boulangerie qui a tué des dizaines de personnes dans une ville rebelle du centre de la Syrie, a déclaré un responsable du gouvernement turc.

Au moins 700 personnes, dont une majorité de femmes et d'enfants, sont arrivées lundi dans la ville frontalière turque de Reyhanli, a indiqué ce responsable. L'agence de presse turque Anadolu a déclaré qu'au moins 1100 réfugiés avaient passé la frontière en voiture ou à pied durant la seule journée de lundi.

La Turquie abrite déjà plus de 145 000 réfugiés syriens.

Selon le responsable turc, qui a réclamé l'anonymat parce qu'il n'était pas autorisé à s'adresser aux journalistes, les réfugiés arrivés lundi provenaient de Hama, une province du centre de la Syrie où se trouve la ville de Halfaya. Dimanche, une frappe aérienne des forces gouvernementales avait visé une boulangerie de cette ville, d'après des militants de l'opposition.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a compilé les noms de 40 hommes et de trois femmes tués à Halfaya. L'organisation affirme aussi avoir vu les photos des corps de 15 autres hommes non identifiés. Dimanche, l'Observatoire avait rapporté 60 morts à Halfaya.

Les violences se sont poursuivies lundi dans la province de Hama. Des insurgés sont entrés dans la ville de Maan, majoritairement alaouite, et ont hissé le drapeau de l'opposition sur le principal poste de police de la ville, a déclaré un opposant, Mousab Alhamadee, lors d'une entrevue par Skype.

Selon l'Observatoire et M. Alhamadee, les rebelles ont abattu un avion de combat MiG du gouvernement qui attaquait des positions des rebelles dans la ville de Maan et ses environs. Au moins 20 soldats et 11 rebelles ont été tués dans les combats de lundi, d'après l'Observatoire.

L'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Lakhdar Brahimi, a déclaré lundi que la situation sur le terrain était toujours «inquiétante» et n'a pas donné de signe de progrès vers une solution négociée à la crise.

Au terme d'une rencontre avec Bachar el-Assad au palais présidentiel de Damas, M. Brahimi a déclaré aux médias que le président syrien et lui avaient partagé leur point de vue respectif sur la crise et discuté de la suite des choses, mais il n'a pas donné de détails.

Le président syrien, cité par l'agence de presse officielle, a pour sa part affirmé que son gouvernement appuierait «n'importe quelle solution favorable aux intérêts du peuple syrien qui ne remettrait pas en question la souveraineté et l'indépendance du pays».

M. Brahimi a apparemment fait peu de progrès dans ses efforts pour mettre un terme au conflit depuis le début de son mandat en septembre, principalement parce que les deux camps refusent de se parler.

Le gouvernement syrien soutient que les insurgés sont des terroristes ayant reçu l'appui de puissances étrangères pour détruire la Syrie, alors que l'opposition croit que les troupes gouvernementales ont fait trop de morts pour que le président puisse jouer un rôle dans l'avenir du pays.

Il s'agissait de la troisième visite de Lakhdar Brahimi en Syrie en tant qu'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe.

La situation s'est encore détériorée depuis le dernier séjour de M. Brahimi en Syrie. Plutôt que d'arriver dans la capitale syrienne en avion, l'émissaire a dû faire le trajet en voiture à partir de Beyrouth, au Liban, en raison des combats qui font rage près de l'aéroport de Damas.