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24/12/2012 01:53 EST | Actualisé 23/02/2013 05:12 EST

Des cartes de Noël signées Robert Frost

HANOVER, États-Unis - Vous êtes du genre à envoyer vos cartes de Noël en retard? Dites-vous que vous ne pouvez pas faire pire que le poète américain Robert Frost, qui a déjà attendu jusqu'en juillet pour envoyer les siennes.

Mais contrairement aux banales cartes d'aujourd'hui, celles de M. Frost valaient la peine d'attendre. Durant les dernières 28 années de sa vie, il a fait équipe avec un imprimeur pour créer de magnifiques plaquettes contenant un poème différent à chaque an.

Le Collège Darmouth, que Robert Frost a brièvement fréquenté comme étudiant avant d'y revenir en tant que conférencier, possède plus de 500 exemplaires de ces cartes, dont des spécimens de la première série qui a été envoyée à l'insu du poète.

En 1929, Joseph Blumenthal, le cofondateur de la maison d'édition new-yorkaise Spiral Press, qui s'occupait de la composition de l'un des recueils de poésie de M. Frost, a décidé que le poème «Christmas Trees» ferait une belle carte de Noël.

Avec la permission de l'éditeur, il a imprimé 275 exemplaires de la carte, qui a fini par se retrouver entre les mains de Robert Frost. Le poète a tellement aimé l'idée qu'il a proposé à M. Blumenthal de collaborer avec lui pour créer des cartes.

Leur partenariat a débuté en 1934 et s'est terminé en 1962, soit un an avant le décès de l'auteur.

Plusieurs des cartes comprennent une gravure sur bois représentant un paysage de la Nouvelle-Angleterre, région qui a souvent servi de décor aux oeuvres de M. Frost. Imprimées sur du carton épais, elles peuvent faire jusqu'à 20 pages.

Celle de 1942 propose une illustration d'un village de campagne colorée à la main et le poème «The Gift Outright» que Robert Frost, quatre fois lauréat du prix Pulitzer de poésie, a récité de mémoire lors de l'investiture du président John F. Kennedy.

Plusieurs des cartes de la collection du Collège Darmouth ont été envoyées à l'ami et l'éditeur du poète, Edward Lathem, dont les quelque 60 ans de service à l'institution incluent un long passage à la tête de la bibliothèque.

La carte de 1959 offre un poème inédit appelé «A Wishing Well» et, sur l'exemplaire destiné à M. Lanthem, M. Frost a écrit deux vers à la main.

Selon Jay Parini, biographe de l'auteur, il arrivait souvent à Robert Frost d'ajouter un mot manuscrit à ses livres pour ses proches ou même des textes complets qui n'avaient pas encore été publiés.

«Il aimait personnaliser les choses», a indiqué M. Parini.

Le tirage des cartes est passé de 775 en 1934 à plus de 17 000 en 1962. Selon Steve Smith, qui a effectué les recherches pour la collection du Collège Darmouth, certaines ont été achetées entre 4000 et 5000 $ par des collectionneurs.

Parmi les préférées de M. Smith figure celle postée en 1934 par le poète depuis Key West à l'un des professeurs du collège.

«Le cachet de la poste indique le 24 décembre, 17 h, et j'aime imaginer M. Frost au bureau de poste à Key West la veille de Noël», a-t-il dit.