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24/12/2012 08:33 EST | Actualisé 23/02/2013 05:12 EST

Bethléem célèbre son 1er Noël dans une Palestine reconnue par l'ONU

Bethléem, en Cisjordanie, fêtait lundi son premier Noël depuis le classement de la ville berceau du christianisme au Patrimoine mondial de l'UNESCO et la reconnaissance de la Palestine comme Etat observateur à l'ONU.

Le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, la plus haute autorité catholique romaine en Terre sainte, a fait son entrée solennelle à Bethléem, une zone autonome de Cisjordanie, en début d'après-midi, accompagné de troupes scoutes palestiniennes avec leurs cornemuses héritées du mandat britannique (1920-48).

Au milieu d'un ciel bleu éclatant, un soleil blanc d'hiver réchauffait les milliers de touristes et de Palestiniens endimanchés, chrétiens et musulmans, qui se mêlaient dans une anarchie bon enfant devant la Basilique de la Nativité, le lieu de la naissance du Christ selon la tradition chrétienne.

La procession colorée donne lieu chaque année à une grande fête populaire palestinienne place de la Mangeoire, au coeur de Bethléem, pour des festivités qui sont la principale attraction touristique annuelle en Cisjordanie.

"Mais c'est vraiment spécial cette année parce que les célébrations surviennent après que l'ONU nous a donné le statut d'Etat. Aux yeux du monde, nous sommes désormais un Etat", se réjouissait Taghreed Rishmawi, une étudiante de 20 ans originaire de Bethléem.

Les Palestiniens ont revendiqué en juin une victoire "historique" en obtenant l'inscription de l'Eglise de la Nativité et de la route de pèlerinage de Bethléem au Patrimoine mondial de l'Unesco, en dépit de l'opposition d'Israël et des Etats-Unis.

Ils ont remporté un autre succès diplomatique majeur fin novembre en devenant un Etat observateur aux Nations unies, lors d'un vote très majoritaire à l'Assemblée générale, qualifié par le président palestinien Mahmoud Abbas d'"acte de naissance".

Dans son traditionnel message de Noël, Mgr Twal s'était félicité jeudi de l'accession de la Palestine au rang d'Etat observateur aux Nations unies, en la qualifiant de "pas vers la paix et la stabilisation de la région".

A partir de minuit (22H00 GMT), le patriarche présidera la grand-messe de Noël en l'église catholique Sainte-Catherine, contiguë à la Basilique de la Nativité, en présence de Mahmoud Abbas, du Premier ministre Salam Fayyad et du ministre jordanien des Affaires étrangères Nasser Jawdeh.

"Israël pourra traiter d'égal à égal avec un autre Etat pour le bien de tous", avait souligné jeudi Mgr Twal en jugeant "urgent" de trouver une "solution juste et pacifique à la question palestinienne".

De son côté, le président Abbas a affirmé qu'à Bethléem, "nous résistons à l'oppression avec amour; nous la défions avec fierté; nous construisons les institutions de notre Etat et développons nos infrastructures en dépit de la machine de destruction de l'occupant (israélien)".

Ces dernières semaines, Israël a multiplié les annonces de projets de construction de milliers de logements dans des colonies à Jérusalem-Est annexée et en Cisjordanie occupée, en représailles à la démarche palestinienne à l'ONU.

Mais pour Xavier Abou Eid, un Palestinien chrétien, conseiller de l'OLP, le nouveau statut de la Palestine est un signe d'espoir et de paix.

"A Noël, nous célébrons la naissance du Prince de l'espérance et du Prince de la paix. Depuis 64 ans, le peuple palestinien attend de pouvoir parvenir à une paix juste", a-t-il dit à l'AFP, en référence à la "Nakba", l'exode palestinien au moment de la création de l'Etat d'Israël en 1948.

Dans un message à l'occasion de Noël, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a souligné qu'"il y a en Israël une communauté chrétienne forte et croissante" alors que "le nombre de chrétiens se réduit à travers le Moyen-Orient et que beaucoup sont en danger".

Pendant les fêtes de Noël, l'armée israélienne a assoupli les mesures de sécurité pour faciliter le passage aux barrages des pèlerins chrétiens, dont les Palestiniens des Territoires occupés et les Arabes israéliens.

Bethléem se trouve au-delà de la barrière de sécurité érigée par Israël en Cisjordanie --que les Palestiniens appellent le "mur de l'apartheid".

agr-sah/tg