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24/12/2012 11:41 EST | Actualisé 23/02/2013 05:12 EST

Appels à l'unité au sommet du CCG à Bahreïn

Le sommet annuel des monarchies arabes du Golfe s'est ouvert lundi à Bahreïn par des appels à plus d'intégration économique et à l'unité des membres de ce groupe inquiet des instabilités régionales.

Le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa Al-Khalifa a souhaité voir, en s'adressant à ses pairs, le groupe "constituer un parapluie de sécurité pour ses peuples" et plaidé pour la "complémentarité économique et dans le domaine de la sécurité".

Lui succédant, le prince héritier saoudien, Salmane ben Abdel Aziz, a donné lecture d'un message du roi Abdallah, absent pour raison de santé, dans lequel il a rappelé son appel à l'unité des six monarchies lancé en 2011.

"Nous aspirons à une union forte avec des économies intégrées, une politique étrangère commune et un système de défense commun", a dit le souverain saoudien en espérant l'adoption de son projet lors du prochain sommet en décembre 2013.

L'émir du Koweït, cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah, a plaidé quant à lui en faveur d'une aide humanitaire à la population syrienne et appelé l'Iran à de meilleures relations avec ses voisins arabes.

Cheikh Sabah a annoncé à ce propos la tenue fin janvier dans son pays, à la demande de l'Onu d'une réunion de donateurs pour mobiliser une aide humanitaire aux civils syriens affectés par un conflit de plus de 21 mois.

Le conflit syrien, l'instabilité au Yémen et les relations tumultueuses avec l'Iran sont au menu de la rencontre, qui se tient en l'absence de quatre des six chefs d'Etat des pays membres, dont le roi saoudien en convalescence après avoir été opéré du dos en novembre. Le CCG comprend l'Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar.

"Le sommet se tient dans des circonstances extrêmement sensibles et délicates, dont il faut étudier l'impact" sur les Etats membres, a averti le secrétaire général du CCG, Abdellatif Zayani avant la rencontre.

Les six monarchies, riches en pétrole et dont le PIB cumulé était de 1.371 milliard de dollars en 2011, ont symboliquement lancé en janvier 2003 une union douanière. Mais la période transitoire pour sa concrétisation, initialement prévue en 2005, a été systématiquement prolongée avant d'être repoussée à 2015.

En outre, une union monétaire, annoncée en 2009 avec l'ambition de parvenir à une monnaie unique pour le Golfe, marque le pas. Seuls quatre pays membres (Arabie saoudite, Bahreïn, Koweït et Qatar) ont signé le pacte portant création de cette union, boudée par les Emirats arabes unis et le sultanat d'Oman.

Selon des participants, le sommet doit entériner un amendement du traité de sécurité du CCG, décidé en novembre par les ministres de l'Intérieur des pays membres, confrontés à des problèmes d'insécurité et de violence.

Outre Bahreïn, théâtre depuis l'an dernier de protestations animées par des chiites réclamant une monarchie constitutionnelle dans ce pays dirigé par une dynastie sunnite, le Koweït, miné par des crises politiques à répétition, a connu récemment des manifestations de protestation contre un amendement de la loi électorale, contesté par l'opposition.

En Arabie saoudite, la province Orientale, riche en pétrole et où se concentre l'essentiel des deux millions de chiites saoudiens, est aussi secouée par des troubles sporadiques depuis mars 2011.

L'opposition chiite de Bahreïn a d'ailleurs appelé le sommet à "faire pression sur les dirigeants bahreïnis pour trouver une solution à la crise", selon l'un de ses dirigeants.

Au même moment, la police a dispersé des manifestants chiites près de Manama, loin du lieu du sommet qui se tient dans le sud du pays, selon des témoins.

Au Koweït, un collectif d'associations, le Forum du Golfe pour des sociétés civiles, a appelé les pays du CCG à des profondes réformes politiques qui en feraient des "monarchies constitutionnelles".

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