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23/12/2012 01:48 EST | Actualisé 22/02/2013 05:12 EST

L'émissaire Lakhdar Brahimi à Damas, 60 civils tués devant une boulangerie

L'émissaire international Lakhdar Brahimi est arrivé dimanche à Damas pour tenter une nouvelle fois de trouver une solution au conflit qui ravage depuis près de deux ans la Syrie, au moment où un raid de l'armée de l'air tuait plus de 60 civils devant une boulangerie.

Avec plus de 50 blessés dans un état critique, ce bilan pourrait encore s'alourdir, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ce qui ferait de ce raid le plus meurtrier mené devant une boulangerie en Syrie où le pain se fait de plus en plus rare, aggravant la crise humanitaire.

Contrairement à ses visites précédentes, l'envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe est entré en Syrie par la route depuis le Liban, les combats ayant récemment gagné les abords de la route reliant l'aéroport international de Damas à la capitale.

Peu avant l'arrivée de M. Brahimi à Damas, le ministre syrien de l'Information Omrane al-Zohbi a assuré, lors d'une conférence de presse, ne pas avoir été informé de cette visite.

Affirmant ne pas avoir connaissance d'un quelconque plan de l'émissaire international, il a une nouvelle fois appelé au dialogue, estimant que "le temps presse". L'opposition pose comme condition préalable à toute négociation le départ du président Bachar al-Assad.

Lors de sa dernière visite à Damas, du 19 au 24 octobre, M. Brahimi avait rencontré M. Assad ainsi que plusieurs haut responsables, négociant avec eux une trêve pour la fête musulmane de l'Adha fin octobre, qui avait volé en éclats au bout de quelques heures.

Cette nouvelle visite, pour laquelle aucun programme n'a été donné, intervient après 21 mois de violences qui ont fait plus de 44.000 morts et ont vu toutes les parties se radicaliser, l'Otan faisant état de tirs de missiles Scud par l'armée, tandis que l'ONU dénonçait un conflit désormais "ouvertement communautaire".

L'armée de l'air a concentré ses opérations sur la province de Hama (centre), où ses redoutables chasseurs-bombardiers ont détruit la boulangerie de la localité rebelle de Halfaya, faisant plus de 60 morts, et visé plusieurs localités alentour.

Ces raids visent à terroriser la population après les récentes attaques rebelles dans la région tenue d'une main de fer par l'armée depuis des manifestations monstres contre le régime durant l'été 2011, a affirmé à l'AFP un militant local se présentant sous le nom d'Abou Ghazi.

Toujours dans la même province, un bataillon rebelle a prévenu samedi qu'il attaquerait deux localités chrétiennes si leurs habitants n'en chassaient pas l'armée. L'Organisation de la coopération islamique (OCI) a dénoncé ces menaces, redoutant une tournure confessionnelle du conflit.

Face à ces violences qui ne faiblissent pas, la communauté internationale reste paralysée par ses divisions, notamment au Conseil de sécurité de l'ONU où Moscou et Pékin, alliés clé du régime, font jouer leur droit de veto pour bloquer toute résolution condamnant Damas.

Mais, a assuré samedi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov les pays impliqués dans la crise syrienne "prient pour que la Russie et la Chine continuent de bloquer toute autorisation d'une intervention, parce que dès que ce sera autorisé, ils devront agir, et personne n'(y) est prêt".

Un bilan provisoire de l'OSDH fait état d'au moins 174 morts dans les violences dimanche dont 108 civils.

Selon l'ONG qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins civils et militaires à travers la Syrie, 117 personnes ont péri samedi, dont 53 soldats et 35 rebelles.

bur-sbh/feb