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23/12/2012 11:19 EST | Actualisé 22/02/2013 05:12 EST

G.-B.: des accusations contre un politicien mettent la police dans l'embarras

LONDRES - Ce qui a commencé comme une dispute entre un policier et un politicien d'importance en face de la résidence du premier ministre de la Grande-Bretagne a tourné en crise qui replonge une fois de plus dans l'embarras le Scotland Yard, la plus grande force de police du pays.

Andrew Mitchell, ancien whip en chef du Parti conservateur, a admis avoir perdu patience avec des policiers en poste au 10, Downing Street le soir du 19 septembre. Il était en retard et à vélo et ceux-ci auraient refusé d'ouvrir le portail principal.

Mais ce qui est au coeur du scandale est que la police — selon un rapport transmis aux médias — affirme que M. Mitchell aurait traité les officiers de «morons» et de «plebs», un terme dérogatoire pour des membres des classes ouvrières. L'histoire a dominé les manchettes pendant des semaines en Grande-Bretagne, un pays très sensible aux questions de classes sociales.

M. Mitchell, qui a dû démissionner en octobre en raison de la pression politique, affirme ne jamais avoir prononcé ces mots. Dans une lettre au Sunday Times, il écrit que ces accusations visaient à détruire sa carrière politique et à nuire au Parti conservateur. Il a décrit l'utilisation du mot «pleb» comme une «mauvaise caricature que quelqu'un des classes supérieures sans manière aurait employée dans les années 30».

La rapport de police est aujourd'hui contesté: des images vidéo ne confirment pas la version de la police et il s'est avéré qu'un témoin indépendant qui était cité dans le rapport serait en fait un policier hors-service qui ne se trouvait même pas sur les lieux. S'il s'avérait que des policiers avaient conspiré contre M. Mitchell, il s'agirait d'une nouvelle tache à la réputation de Scotland Yard, déjà minée par le scandale des écoutes téléphoniques des médias et des allégations de corruption.

Dimanche, le chef de la police, Bernard Hogan-Howe, a déclaré que les déclarations étaient «extrêmement sérieuses» et qu'il était déterminé à en arriver à la vérité. Des politiciens ont déjà appelé à des réformes de la police.