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23/12/2012 06:08 EST | Actualisé 22/02/2013 05:12 EST

Des Irakiens en colère contre le Premier ministre bloquent une autoroute

Quelque 2.000 Irakiens ont manifesté dimanche à Ramadi (ouest), bloquant une autoroute, pour réclamer le départ du Premier ministre Nouri al-Maliki, selon un correspondant de l'AFP.

Des chefs tribaux, des théologiens et des membres du conseil provincial d'Al Anbar, ont participé à la manifestation de Ramadi (100 km à l'ouest de Bagdad), chef-lieu de cette province sunnite.

Les manifestants protestaient après la récente arrestation par les forces de sécurité de M. Maliki d'au moins neuf gardes du ministre irakien des Finances Rifaa al-Issawi, sous des accusations de "terrorisme".

M. Issawi est un sunnite, membre du bloc laïc Iraqiya qui est soutenu par cette communauté. Il avait réclamé jeudi soir la démission du Nouri al-Maliki après avoir fait état devant la presse d'une intervention des forces de l'ordre le jour-même à son domicile et au ministère, et de l'arrestation de gardes.

"Nous nous sommes rassemblés aujourd'hui pas pour M. Issawi ou pour ses gardes mais pour le changement de ce gouvernement confessionnel et la chute de Nouri al-Maliki", a déclaré dimanche le chef du conseil provincial d'al Anbar Hikmat Iyada aux manifestants.

Un théologien sunnite Abdel Malek al-Saadi a appelé, devant les protestaires, les dirigeants chiites au sein du gouvernement à respecter les responsables et la minorité sunnite en Irak.

Dans un communiqué, le Premier ministre a fait état vendredi de l'arrestation de dix gardes du ministre des Finances, tout en niant la nature confessionnelle de ces mesures.

Le bloc Iraqiya et d'autres membres du fragile gouvernement d'union de M. Maliki l'accusent depuis plus d'un an de s'accaparer le pouvoir.

L'arrestation des gardes de M. Issawi intervient un an après celle de gardes du vice-président Tarek al-Hachémi, membre d'Iraqiya, également accusés de "terrorisme". Plusieurs d'entre eux ont depuis été condamnés à mort.

Un mandat d'arrêt a également été émis contre M. Hachémi, qui s'est enfui à l'étranger. Plusieurs fois condamné à mort par contumace, il rejette toutes les accusations portées contre lui --notamment de meurtre--, assurant qu'elles ont été montées de toutes pièces pour des raisons politiques.

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