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22/12/2012 05:50 EST | Actualisé 21/02/2013 05:12 EST

Tunisie: le Premier ministre inaugure l'expo-vente des biens de Ben Ali

Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali a inauguré samedi une exposition-vente de milliers de biens du président déchu Zine El Abidine Ben Ali qui est censée rapporter au moins 10 millions d'euros au budget de l'Etat, deux ans après la révolution.

Outre une quarantaine de voitures de luxe, que M. Jebali a inspecté à la veille de l'ouverture au public de cette vente dans un hôtel de Gammarth, dans la banlieue de Tunis, des milliers de vêtements, de bibelots, de bijoux et d'oeuvre d'arts vont être mis en vente.

Des costumes de l'ex-président sont vendus en moyenne pour quelque 3.000 euros. Les effets de son épouse, Leïla Trabelsi, réputée avide de luxe, figurent en bonne place aussi avec des manteaux en vente pour près de 4.000 euros.

Les chaussures du couple présidentiel, bien que de grandes marques, restent plus abordables, leur prix variant entre 100 et 300 euros, alors que les sacs à main de madame seront vendus pour certains pour près de 3.000 euros.

Les oeuvres d'art, bibelots, meubles et tapis seront dans leur écrasante majorité vendus au plus offrant, leur valeur estimée dépassant les 5.000 euros.

On y trouve notamment des animaux en or massif --lion, puma ou panthère--, des chevaux en cristal, un olivier en argent de 80 cm de haut, des horloges antiques...

Le public pourra visiter l'exposition-vente à partir de dimanche moyennant un billet d'entrée à 30 dinars (15 euros), un prix très élevé pour l'écrasante majorité des Tunisiens, le salaire minimum étant de 320 dinars (160 euros) et le revenu national brut par habitant étant de 4.070 dollars par an.

Le président Ben Ali a été renversé à l'issue de la première des révolutions arabes (17 décembre 2010 - 14 janvier 2011) et vit depuis avec sa femme en Arabie saoudite.

Son régime était marqué par le népotisme et un système de corruption dans lequel ses gendres et beaux-frères du clan Trabelsi jouaient un rôle primordial.

La Tunisie peine néanmoins à se stabiliser depuis le soulèvement, la lenteur des réformes économiques, une impasse politique et des coups d'éclats orchestrés par des groupuscules islamistes radicaux nourrissant l'exaspération de nombreux Tunisiens.

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