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22/12/2012 07:44 EST | Actualisé 21/02/2013 05:12 EST

Les jours sont comptés pour le sanctuaire de chats au parlement fédéral à Ottawa

OTTAWA - Un sanctuaire pour chats, niché derrière les édifices du Parlement du Canada depuis plusieurs décennies, connaîtra bientôt une fin tranquille à cause du lent déclin de sa population féline.

Le lieu bien connu est une relique de l'époque où les chats travaillaient à attraper les souris sur la colline parlementaire. Il a déjà abrité 30 chats errants, mais les opérations pour les rendre infertiles ont réduit le nombre de «félins parlementaires« à quatre actuellement.

Brian Caines, un ancien fonctionnaire et l'un des bénévoles responsables des chats du parlement, a confié que les derniers chatons à naître sur la colline ont vu le jour il y a 10 ou 15 ans.

En 1955, des méthodes de contrôle des rongeurs chimiques et plus efficaces ont mis les chats au chômage, mais ils n'ont jamais quitté la colline. Des bénévoles comme Irène Desormeaux, décédée en 1987, ont entrepris de prendre soin des animaux.

Dans les années 1980, René Chartrand a commencé à se faire connaître comme «l'homme à chats» après avoir pris la relève de Mme Desormeaux. Il a construit un abri de bois élaboré pour les félins et a commencé à prendre soin d'eux bénévolement, à temps plein.

M. Chartrand a pris soin des chats sans aide gouvernementale, dépendant de dons du public, jusqu'à sa retraite en 2008. Il ne s'occupe plus d'eux aujourd'hui pour des raisons de santé.

L'abri qu'il avait construit a depuis été mis à jour et remplacé par de nouvelles structures qui protègent les chats des hivers glacials d'Ottawa.

M. Caines s'est impliqué avec le sanctuaire lorsqu'il travaillait pour le bureau du Conseil privé dans les années 1990. Le déclin éventuel de la population féline est en fait une bonne chose, a-t-il observé, puisque le parlement n'est pas vraiment le meilleur endroit pour eux.

«Les gens nous demandent pourquoi nous ne nous procurons pas des chats et ne les envoyons pas ici pour qu'ils se reproduisent. Je sais que les groupes de défense des droits des animaux s'y opposeraient», a-t-il déclaré.

«Ils ont une belle vie, il n'y a pas de doute là-dessus, et des gens qui prennent soin d'eux. Mais ils vivent dehors et les hivers sont très difficiles pour eux», a ajouté le bénévole.

Le premier ministre Stephen Harper, reconnu pour son amour des chats, a déjà discuté avec un bénévole du sanctuaire. Sa femme Laureen a aussi déjà contacté des responsables des lieux et des députés visitent parfois le sanctuaire.

Le sanctuaire est sous la gouverne d'environ sept bénévoles, qui le visitent quotidiennement pour s'assurer que ses résidants sont nourris. Les bénévoles achètent la nourriture humide, tandis que la nourriture sèche est offerte par une entreprise du Québec.

«On avait une boîte pour les dons ici avant, mais nous l'avons enlevée il y a environ deux ans parce que le nombre de chats diminuait, et que nous avions déjà récolté assez d'argent», a indiqué M. Caines.

Personne ne sait assurément d'où viennent les chats, mais une hypothèse populaire — bien que jamais confirmée — laisse croire qu'ils sont les descendants de chats emmenés dans la région par le Colonel John By, fondateur d'Ottawa et du canal Rideau.

M. Caines a confié qu'il aimait bien l'histoire, sans savoir si elle était vraie.

Pour lui, le sanctuaire est un lieu formidable qui lui manquera à sa disparition.

«J'imagine que les traditions prennent fin, aussi», a conclu le bénévole.