NOUVELLES
22/12/2012 12:04 EST | Actualisé 21/02/2013 05:12 EST

Hélicoptère abattu: l'ONU a déjà connu plusieurs attaques au Soudan du Sud (porte-parole)

L'attaque contre un hélicoptère de l'ONU par l'armée sud-soudanaise qui a tué les quatre membres russes de l'équipage est le dernier d'une longue série de tensions avec les forces gouvernementales du pays, a indiqué samedi un porte-parole onusien.

L'armée du Soudan du Sud a reconnu avoir abattu vendredi, dans la région sensible du Jonglei (est), un hélicoptère des Nations unies, expliquant l'avoir pris pour un engin ennemi et n'avoir su que trop tard que l'ONU avait envoyé un appareil dans cette zone. Mais le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a fermement condamné l'incident et affirmé que l'engin était "clairement" identifiable.

Pour Kieran Dwyer, porte-parole des Nations unies pour les opérations de maintien de la paix, ce n'est pas la première fois que les forces de l'Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA) tirent sur un aéronef opéré par la Mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss).

"Depuis le 27 septembre 2011 à ce jour, six autres incidents ont eu lieu, impliquant des détentions et des recherches, ou des attaques contre des aéronefs de la Minuss menaçant les passagers et membres d'équipage", a-t-il précisé. Il a ajouté que la Minuss "partageait à l'avance tous ses plans de vol avec le gouvernement et la SPLA".

L'hélicoptère de type MI-8, qui effectuait un vol de reconnaissance dans le Jonglei quand il a été attaqué, était sous contrat avec une entreprise russe. Moscou a de son côté retiré début 2012 ses hélicoptères à disposition de la Minuss en raison des attaques.

L'Etat de Jonglei fut l'un des principaux champs de bataille de la guerre civile soudanaise qui a opposé entre 1983 et 2005 le pouvoir de Khartoum à la rébellion sud-soudanaise, et abouti en juillet 2011 à la partition du Soudan et à l'indépendance du Soudan du Sud.

Le Jonglei a longtemps été le théâtre de massacres ethniques et des ONG ont dénoncé les exactions contre les civils qui accompagnent la répression de la rébellion par les forces de sécurité sud-soudanaises.

Un porte-parole de l'ONU sous couvert d'anonymat a précisé qu'avec la saison des pluies, l'hélicoptère abattu vendredi était en quête de zones sèches pour y dépêcher des Casques bleus en cas de nouveaux troubles.

tw/sam/chv