NOUVELLES
22/12/2012 11:21 EST | Actualisé 21/02/2013 05:12 EST

Égypte: approbation de la constitution controversée au 2e tour du référendum

LE CAIRE, Égypte - Des résultats préliminaires diffusés par les Frères musulmans indiquent que la controversée constitution égyptienne a reçu un «oui» majoritaire au deuxième et dernier tour d'un référendum, recevant l'appui de plus de 70 pour cent des électeurs.

Les résultats, mis en ligne sur le site Internet des Frères musulmans tôt dimanche, indiquent que 71,4 pour cent des citoyens ayant voté se sont prononcés en faveur, après le dépouillement de 95,5 pour cent des bulletins de vote. À peine huit des 25 millions d'Égyptiens en droit de voter l'ont fait, pour un taux de participation d'environ 30 pour cent.

Le référendum a été tenu sur deux jours, le 15 et le 22 décembre.

Lors du premier tour, environ 56 pour cent des électeurs ont dit «oui» à la nouvelle charte. Le taux de participation y était alors de 32 pour cent.

Le parti des Frères musulmans, dont provient le président islamiste Mohammed Morsi, a prédit avec succès les résultats des élections par le passé en comptabilisant les résultats fournis par ses représentants dans les bureaux de vote.

Les résultats officiels ne seront pas annoncés avant plusieurs jours.

On s'attendait à ce que ce projet controversé d'une nouvelle constitution égyptienne, qui est appuyé par les islamistes, soit approuvé.

Le passage de la constitution sera toutefois une victoire coûteuse pour le parti du président Morsi. Les divisions que le projet a causées au cours du dernier mois ont fait disparaître tout espoir que la nouvelle constitution, attendue depuis longtemps, apporterait un consensus national sur la direction que doit prendre l'Égypte presque deux ans après s'être débarrassée de son leader autocrate Hosni Mubarak.

M. Morsi a plutôt désillusionné plusieurs non-islamistes qui l'avaient jadis appuyé et il est devenu plus dépendant de ses appuis de base chez les Frères musulmans et chez d'autres islamistes. Des partisans de la ligne dure dans son camp sont déterminés à mettre en place des provisions pour l'application plus stricte de la loi islamique, ce qui causera de nouvelles divisions.

L'opposition, libérale et séculaire, doit essayer d'organiser la portion importante de la population qui est fâchée par ce qu'elle interprète comme des tentatives par M. Morsi et les Frères islamiques de garder la main sur le pouvoir politique. Le groupe principal d'opposition, le Front du salut national, a indiqué qu'il se prépare déjà aux élections pour la chambre basse du parlement, qui seront tenues tôt l'an prochain.

Démontrant la fragilité de l'administration du président Morsi, le vice-président égyptien, Mahmoud Mekki, a démissionné pendant l'élection de samedi.

La télévision d'État avait également annoncé la démission du gouverneur de la banque centrale du pays, Farouq el-Oqdah, mais a plus tard annoncé que le cabinet l'avait refusée.

Mahmoud Mekki, un juge de profession, avait déjà manifesté son intention de quitter son poste lorsque le charte proposée serait adoptée. De toute façon, la nouvelle constitution élimine la vice-présidence.

M. Mekki a lu une déclaration à la télévision d'État où il laisse entendre que son départ précipité pourrait être lié aux politiques du président islamiste Mohammad Morsi. Il a ajouté qu'il avait offert sa démission, le mois dernier, mais que les événements l'avaient convaincu de demeurer en poste.

En poste depuis 2003, M. El-Oqdah a plusieurs fois essayé de démissionner mais l'administration tente de le convaincre de rester.

Au cours du dernier mois, sept des 17 principaux conseillers de Morsi et le seul Chrétien parmi ses quatre adjoints principaux ont démissionné.