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21/12/2012 01:00 EST | Actualisé 20/02/2013 05:12 EST

Malaga écope du premier carton rouge au titre du fair-play financier

L'UEFA a sorti vendredi son premier carton rouge dans le cadre du fair-play financier en privant Malaga de la prochaine édition de coupe d'Europe pour laquelle le club espagnol se qualifierait dans les quatre saisons à venir, pour des raisons d'arriérés de paiement importants.

Malaga avait d'abord reçu un carton jaune en septembre de l'Instance de contrôle financier de l'UEFA, qui passe en revue les comptes des clubs pour voir s'ils se mettent en ligne avec ces mesures de saine gestion financière chères à son président Michel Platini.

Ses primes de la Ligue des Champions avaient été gelées tout comme celles des compétitions européennes de 22 autres clubs, dont l'Atletico Madrid, qui comme les Andalous, devaient de l'argent à d'autres clubs, à leurs employés ou à des administrations publiques au 30 juin.

Si la majorité avait tenu compte de l'avertissement et normalisé leur situation à la fin du trimestre suivant, neuf avaient encore des comptes à régler et s'exposaient alors à des sanctions.

Malaga "est exclu de la prochaine édition des compétitions interclubs de l'UEFA pour laquelle il se qualifierait au cours des quatre prochaines saisons - 2013/14, 2014/15, 2015/16 et 2016/17", a annoncé dans un communiqué l'UEFA.

En prime, le club espagnol écope d'une amende de 300.000 euros, et s'il n'a toujours pas réglé ses comptes avant le 31 mars 2013, il encourt une deuxième saison de suspension européenne au cours de la même période.

Le club andalou, présidé par le Qatari Sheikh Abdullah al-Thani et qui dispute cette saison sa première Ligue des champions (8e de finale à jouer contre Porto), a jugé ces mesures "absolument disproportionnées et injustifiées", se disant la "tête de Turc" de l'UEFA. Il affirme sur son site qu'il "recourra avec fermeté à tous les organismes nécessaires jusqu'à obtenir justice".

Parmi les huit autres cas tranchés par la chambre de jugement de l'Instance de contrôle financier, cinq clubs ont reçu une amende allant jusqu'à 100.000 euros et restent sous la menace d'une exclusion de compétition européenne s'ils n'ont pas réglé leurs arriérés d'ici la fin du premier trimestre 2013: deux Croates, Hajduk Split et Osijek, deux Roumains, le Rapid Bucarest et le Dinamo Bucarest, et le club serbe du Partizan.

Vojvodina (Serbie) et Arsenal Kiev (Ukraine) devront aussi s'acquitter d'une amende tandis que le cas du Lech Poznan (Pologne) a été classé.

L'UEFA a instauré un règlement, le fair-play financier, pour tenter de mettre un terme aux déficits abyssaux des clubs du Vieux continent. Le contrôle des arriérés de paiement n'en est que le premier volet.

La seconde phase, qui démarre en 2014, contraindra les clubs à présenter des comptes équilibrés sur une période de trois ans, c'est-à-dire que leurs revenus devront être supérieurs à leurs dépenses, sauf si celles-ci concernent des investissements dans un stade ou dans un centre de formation.

"Nous ne reviendrons jamais en arrière", a répété Michel Platini début décembre à Nyon, rappelant que les clubs du continent perdaient au total 1,7 milliard d'euros tous les ans.

"Le football n'a jamais généré autant d'argent que ces années et n'a jamais eu autant de pertes", a fait valoir l'ancien N.10 français. Pour lui, "le football vit dans un monde pas réel".

Malgré les esquives de certains clubs, l'UEFA note avec satisfaction que le milieu du football commence à tenir compte du fair-play financier.

"Pour la première fois, l'écart entre dépenses et revenus s'inverse. Cette année, les dépenses sont toujours supérieures aux revenus, mais un peu moins qu'avant", a souligné le secrétaire général de l'UEFA, Gianni Infantino, pointant le fait que cet exercice était le premier à rentrer en compte dans les calculs sur l'équilibre financier.

Selon l'Italien, "ce n'est pas une impression que le fair-play financier fonctionne, c'est un fait".

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