NOUVELLES
21/12/2012 12:58 EST | Actualisé 20/02/2013 05:12 EST

L'armée du Soudan du Sud abat un hélicoptère de l'ONU, 4 morts

L'armée du Soudan du Sud a "abattu" vendredi pour une raison encore inconnue un hélicoptère de l'ONU tuant les quatre membres d'équipage, a indiqué un porte-parole de l'ONU à New York.

Les militaires du Soudan du Sud ont indiqué à la Mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss) qu'ils "avaient abattu l'hélicoptère" de la Minuss, qui s'est écrasé dans l'Etat du Jonglei (est), a précisé à la presse le porte-parole adjoint de l'ONU Eduardo del Buey.

L'hélicoptère de type MI-8 effectuait un "vol de reconnaissance" dans le Jonglei quand il a été attaqué. "Selon des premières informations, l'hélicoptère s'est écrasé et a brûlé. La Mission a aussitôt envoyé une équipe de recherche et de secours, qui a confirmé la mort des quatre membres d'équipage", a précisé le porte-parole.

Un autre porte-parole de la Mission de l'ONU à Juba, Liam McDowall, avait auparavant rapporté que l'hélicoptère s'était "écrasé" mais sans dire qu'il avait été abattu.

"L'hélicoptère ne transportait pas de passagers. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances du crash", avait indiqué Liam McDowall.

Le vice-ministre sud-soudanais de la Défense, Majak D'Agoot, avait de son côté indiqué que les quatre membres d'équipage "étaient tous de nationalité russe".

"L'hélicoptère de la Minuss s'est écrasé à 10H00 locales (07H00 GMT) entre notre garnison de Likuangole et une zone appartenant au chef rebelle David Yau Yau, appelée Nyarkech, dans le Jonglei", avait-il précisé.

Aucun responsable militaire ni le vice-ministre de la Défense n'étaient immédiatement joignables pour expliquer pourquoi l'appareil a été abattu.

Ancien professeur de théologie et fonctionnaire, David Yau Yau a pris les armes contre Juba après avoir été battu en avril 2010 aux élections locales dans le Jonglei par un candidat du Mouvement pour la libération des Peuples du Soudan (SPLM), l'ex-rébellion sudiste ayant combattu Khartoum durant la guerre civile et désormais au pouvoir à Juba.

Le Jonglei a été récemment le théâtre de massacres ethniques et des ONG ont dénoncé les exactions contre les civils qui accompagnent la répression de la rébellion par les forces de sécurité sud-soudanaises.

Le Jonglei fut l'un des principaux champs de bataille de la guerre civile soudanaise qui opposa entre 1983 et 2005 le pouvoir de Khartoum à la rébellion sud-soudanaise, et qui a abouti en juillet 2011 à la partition du Soudan et à l'indépendance du Soudan du Sud.

hmc-ayv-tw/are/lb