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21/12/2012 07:21 EST | Actualisé 20/02/2013 05:12 EST

La réconciliation palestinienne passe par une refonte de l'OLP

La réconciliation entre le Fatah du président Mahmoud Abbas et le Hamas, au pouvoir à Gaza, passe par une refonte de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui a obtenu à l'ONU pour la Palestine le statut d'Etat observateur.

A la tête d'une Autorité palestinienne qu'il qualifie lui-même d'"Autorité sans autorité" en raison de l'attitude d'Israël, et largement discréditée aux yeux de la population, Mahmoud Abbas conserve une influence grâce à son statut de président de l'OLP. Cet organe est internationalement reconnu comme le "seul représentant légitime du peuple palestinien", y compris les millions de réfugiés.

Le responsable du dossier de la réconciliation au sein du Fatah, Azzam al-Ahmad, a affirmé cette semaine que l'instance dirigeante provisoire de l'OLP chargée d'intégrer le Hamas et le Jihad islamique à l'Organisation, devait se réunir prochainement.

"Cette réunion devrait être précédée par une rencontre entre Abou Mazen (Mahmoud Abbas) et Khaled Mechaal", chef en exil du Hamas, a-t-il précisé.

Un autre dirigeant du Fatah, Mohammad Chtayyeh, avait annoncé la semaine dernière une réunion de ce comité ad hoc.

"De notre point de vue, la priorité est de mettre fin à la division, pas seulement d'intégrer le Hamas à l'OLP. L'OLP est ouverte à l'adhésion du Hamas ou de qui que ce soit, mais elle a un programme politique", a-t-il rappelé, en référence à la reconnaissance de l'Etat hébreu et aux accords de paix signés avec Israël, récusés par les mouvements islamistes palestiniens.

"Si ce programme est acceptable pour le Hamas et le Jihad, ils sont les bienvenus", a ajouté M. Chtayyeh.

"Nous sommes allés aux Nations unies, non pas en tant qu'Autorité palestinienne mais en tant qu'Organisation de libération de la Palestine, seul représentant légitime de tous les Palestiniens, ce que même Mechaal a confirmé, sans le remettre en question", a-t-il rappelé.

Dans un discours à Gaza le 8 décembre, Khaled Mechaal a prêté allégeance à l'OLP, "notre référence, dont nous voulons l'unité", tout en réaffirmant le credo du Hamas de "libération de toute la Palestine", y compris Israël.

A l'issue de la première réunion au Caire en décembre 2011 de l'instance dirigeante provisoire, il avait salué "un nouveau départ sur la voie de l'adhésion à l'OLP de tous les mouvements palestiniens".

L'OLP, invitée en 1974 par l'ONU à participer aux débats de l'Assemblée générale en tant qu'observateur, y était désignée depuis 1988 sous le nom de Palestine, élevée le 29 novembre 2012 au rang d'Etat observateur.

"L'OLP doit être restructurée, réformée, mais personne, pas même le Hamas, ne dit qu'il nous faut une organisation hors de l'OLP", a déclaré cette semaine le député indépendant Moustapha Barghouthi, impliqué dans les efforts de réconciliation nationale. "Elle doit être réformée pour permettre des élections pour tous les Palestiniens, en particulier dans la diaspora".

"S'il y a une réelle perspective pour deux Etats (israélien et palestinien, NDLR) je pense qu'il ne sera pas difficile de les y rallier", a-t-il assuré, en référence aux dirigeants du Hamas.

"Mais comment les convaincre de croire à quelque chose qui n'existe pas?", a-t-il reconnu, évoquant le scepticisme croissant envers la volonté de paix du gouvernement israélien qui multiplie les annonces de projets de colonisation.

Signe de cette évolution de l'opinion, une large proportion, quasiment identique, (respectivement 74,9 et 74%) approuve la démarche à l'ONU et les tirs de roquettes de Gaza sur Israël, considérés comme "utiles" à la cause palestinienne, selon un sondage publié jeudi.

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