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21/12/2012 07:53 EST | Actualisé 20/02/2013 05:12 EST

Égypte: des islamistes affrontent de jeunes manifestants à Alexandrie

ALEXANDRIE, Égypte - Des milliers d'islamistes ont affronté leurs opposants vendredi à Alexandrie, la deuxième ville d'Égypte, à la veille de la deuxième phase du référendum sur le projet de Constitution qui divise profondément le pays.

La police antiémeute a eu recours aux matraques et aux gaz lacrymogènes pour séparer les deux camps qui se lançaient des pierres. L'affrontement opposait des membres des Frères musulmans et leurs alliés salafistes à de jeunes manifestants.

L'affrontement a commencé quand les deux groupes se sont rencontrés tout juste après la grande prière du vendredi, près de la principale mosquée de la ville.

Les islamistes se sont retirés des environs de la mosquée à travers un épais nuage de gaz lacrymogène environ deux heures après le début de l'affrontement. Les violences se sont poursuivies le long de la corniche, la route qui donne sur la Méditerranée, près de la célèbre bibliothèque d'Alexandrie.

Au moins 42 personnes ont été blessées, et certaines ont été conduites à l'hôpital, a déclaré un responsable de la santé de la ville, qui a réclamé l'anonymat parce qu'il n'était pas autorisé à s'adresser aux médias.

On ne sait pas très bien quel camp a déclenché l'affrontement. Les islamistes avaient convoqué un grand rassemblement à la mosquée Qaed Ibrahim, et une vingtaine de partis politiques libéraux avaient indiqué qu'ils ne tenteraient pas d'organiser une contre-manifestation, afin d'éviter les affrontements.

La manifestation des islamistes se voulait une réponse aux violences de la semaine dernière, quand un salafiste bien connu à Alexandrie, le cheikh Ahmed el-Mahalawi, était resté coincé dans une mosquée pendant 12 heures tandis que ses partisans affrontaient des opposants à coups de pierres, d'épée et de cocktails Molotov à l'extérieur.

Le cheikh El-Mahalawi, âgé de 87 ans, a provoqué la colère quand il a qualifié les opposants au projet de Constitution de «disciples des hérétiques». Dans son sermon de vendredi, il a nié avor fait cette déclaration, accusant les médias de diffuser des «mensonges».

La deuxième et dernière phase du référendum sur le projet constitutionnel doit avoir lieu samedi dans 17 des 27 provinces d'Égypte.

Les opposants au projet affirment que la commission à majorité islamiste qui l'a rédigé ne représentait pas toute la diversité de la société égyptienne. Les membres libéraux et chrétiens de l'assemblée s'en sont retirés pour protester contre les clauses qui, selon eux, visent à créer un État islamique.

Le taux de participation à la première phase du référendum a été faible, à environ 32 pour cent. Les résultats préliminaires montrent qu'environ 56 pour cent des électeurs ont voté «oui» au projet de Constitution. Plusieurs organisations de l'opposition ont porté plainte pour des irrégularités alléguées.