NOUVELLES
21/12/2012 04:01 EST | Actualisé 19/02/2013 05:12 EST

Endettée, une télévision privée israélienne est sauvée in extremis

Le Parlement israélien a voté dans la nuit de jeudi à vendredi une loi permettant de sauver la Chaîne 10, une télévision privée confrontée à d'importantes difficultés financières.

Le gouvernement prolongera de deux ans la licence de la Chaîne 10, expirant à la fin de l'année, et lui accordera un prêt de 65 millions de shekels (environ 13 millions d'euros), indique sur son site la Knesset (Parlement).

La direction de la chaîne avait annoncé dimanche son intention de licencier 500 membres de son personnel et fermer la chaîne fin décembre si aucune disposition n'était prise entre-temps pour la sauver.

Le directeur général du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Harel Locker, lui avait demandé de surseoir à sa décision afin que le président du Parlement, Réouven Rivlin, puisse permettre à la Chambre de réexaminer le dossier.

Créée il y a dix ans, la Chaîne 10 doit rembourser à l'Etat une dette de plus de 60 millions de shekels (environ 12 millions d'euros).

La chaîne, l'une des deux seules commerciales du pays, avait demandé un échelonnement de sa dette sur plusieurs années mais une commission parlementaire avait repoussé cette proposition.

La bataille pour sa survie était devenue un symbole de la lutte pour l'indépendance des médias en Israël.

Son directeur, Yossi Warchawski, avait en effet affirmé que son naufrage était une "forme de vengeance" de la part du Premier ministre. M. Netanyahu avait attaqué en diffamation la chaîne pour avoir diffusé un reportage l'accusant d'avoir touché de l'argent privé pour des voyages à l'étranger.

Beaucoup de médias israéliens, longtemps réputés pour leur pugnacité et leur liberté de ton vis-à-vis des pouvoirs, traversent une crise inédite, qui remet en cause leur indépendance et leur avenir.

Au fil du temps, de nombreux titres ont disparu en Israël, en raison notamment d'une concentration croissante de la presse aux mains de grands groupes comme celui du quotidien Yediot Aharonot, ou encore de l'apparition sur le marché de son concurrent gratuit à grand tirage Israël Hayom.

dms/vl