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21/12/2012 08:23 EST | Actualisé 20/02/2013 05:12 EST

Des Palestiniens regagnent leur camp qu'ils avaient fui à Damas

"Les habitants de Yarmouk savent que leur camp est la capitale des réfugiés palestiniens. Personne ne peut le détruire", s'enthousiasme Mahmoud Nassar, voyant revenir vendredi des milliers d'habitants qui avaient fui les combats entre pro et anti-régime syrien.

"C'est une très belle journée car les gens ont montré leur attachement au camp et qu'ils étaient capables d'empêcher un nouvel exode", renchérit-il.

Aucun homme armé n'était visible vendredi dans les rues du camp, situé dans le sud de Damas. Les rebelles qui avaient pris l'avantage durant les quatre jours de combats contre les miliciens palestiniens pro-régime du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG) étaient invisibles.

Une journaliste de l'AFP, qui se trouvait sur la place Batikha, principale entrée du camp, a toutefois entendu vendredi matin quelques tirs sporadiques. La chaussée était obstruée par des pierres pour empêcher la circulation, mais elle a vu une fourgonnette chargée d'affaires et de passagers pénétrer par une rue latérale.

"Nous rentrons car nous en avons assez d'être humiliés, nous avons perdu notre terre (la Palestine), nous ne voulons pas perdre nos maisons et vivre sous des tentes comme nos parents", a affirmé à l'AFP l'un d'eux.

Quelque 100.000 des 150.000 habitants de Yarmouk ont fui le camp, dont un grand nombre se sont installés dans des jardins publics et des places à Damas, avait indiqué mercredi l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés de Palestine (UNRWA). Près de 3.000 d'entre eux ont gagné le Liban voisin, selon la Sûreté générale libanaise.

Des appels ont été lancés dans le camp pour participer à la prière du vendredi dans la mosquée Abdel Qader al-Husseini, totalement nettoyée, après avoir été la cible dimanche d'un raid aérien qui avait fait huit morts.

Beaucoup de réfugiés sont rentrés dès jeudi, chantant des airs patriotiques palestiniens. Ils ont commencé à nettoyer les rues marquées par les combats. Seule exception: une rue de l'ouest du camp, où se trouvait le siège du FPLP-CG, qui est remplie de gravats à la suite d'un raid aérien.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé dans un communiqué vendredi que ses équipes allaient distribuer des repas à 125.000 Palestiniens et Syriens affectés par les combats à Yarmouk.

Mais pour ceux qui ont fui au Liban, l'heure n'est pas encore au retour. "Il est trop tôt pour rentrer. Pour l'instant nous sommes bien ici et attendons que les choses se calment", affirme un habitant de Yarmouk arrivé cette semaine au camp d'Al Baddawi, dans le nord.

Le poste frontière libano-syrien de Masnaa, où les Palestiniens se pressaient ces derniers jours pour entrer au Liban trouver un havre de paix, avait retrouvé son calme vendredi, a constaté le journaliste de l'AFP.

Plusieurs journaux libanais ont fait état d'un accord intervenu entre les parties adverses sous les auspices de Mokhtar Lamali, représentant à Damas du médiateur international Lakhdar Brahimi.

Selon le quotidien As Safir, aux termes de l'accord, tous les combattants doivent quitter le camp, et le représentant de l'OLP à Damas Anwar Abdel Hadi, qui a participé aux négociations, a affirmé que "toutes les parties -l'opposition, le régime et les factions palestiniennes- ont souscrit à l'accord visant à maintenir le camps hors du conflit syrien".

Selon lui, le gouvernement syrien "a assuré qu'il n'avait aucune intention d'entrer dans le camp ni de le bombarder, mais il exigeait qu'en sortent tous les hommes armés".

La Syrie compte 490.000 Palestiniens, en majorité arrivés du nord de la Palestine lors de la guerre israélo-arabe de 1948, rejoints par d'autres au fil des conflits.

Beaucoup pensaient revenir rapidement chez eux et ont vécu d'abord dans des camps de tentes. Quand l'espoir du retour s'est évanoui, les tentes ont cédé la place à des maisons en dur puis à des immeubles. Les "camps" sont devenus des quartiers de Damas ou d'autres villes syriennes.

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